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MEMOIRE POLITIQUE:La Crise Gouvernementale Congolaise de 5 Septembre 1960 à Juillet 1961

I - LA CRISE GOUVERNEMENTALE CONGOLAISE. (5 septembre 1960 ‒ Juillet 1961

 

1-Le 5 septembre 1960, M. Kasa-Vubu, Chef de l’État, révoquait le Premier Ministre Lumumba et une partie du gouvernement : MM. Bolamba, Gbenye, Gizenga, Kashamura, Lumbala et Mwamba, ouvrant ainsi une crise gouvernementale que l’investiture de M. Adoula par les deux chambres réunies le 3 août 1961 à Lovanium, allait clôturer onze mois plus tard.

 

2-Pendant ces onze mois, trois pouvoirs centraux revendiquent l’autorité au Congo : le gouvernement Gizenga, le gouvernement Iléo et le Collège des Commissaires généraux ; et deux pouvoirs régionaux : le gouvernement Tshombe et le gouvernement du Sud- Kasaï, se sont partagé, parfois simultanément, l’exercice de l’autorité effective au Congo.
 
3-Outre ces cinq pouvoirs de fait, en compétition presque permanente, il faut tenir compte de fractionnements mineurs et d’oppositions internes qui limitaient d’autant le champ d’autorité réelle de chacun de ces pouvoirs.
 

Le 2 décembre 1960, Antoine Gizenga met en place le “Gouvernement de Stanleyville”.

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MEMOIRE:LE 2 SEPTEMBRE 1960 ANTOINE GIZENGA MET EN PLACE LE GOUVERNEMENT DE STANLEYVILLE (Kisangani actuelle) VOIR PHOTO CI-DESSUS....
 
Ce jour-là, au lendemain de l’arrestation de Patrice-Emery Lumumba dont on attendait l’arrivée à Stanleyville (Kisangani) et conscient qu’il ne le reverra plus, Antoine Gizenga, qui avait réussi à quitter Léopoldville (Kinshasa) après le premier coup d’état de Mobutu de septembre 1960, s’autoproclama Premier ministre de la République Populaire du Congo (séparatiste). Si Patrice Lumumba avait réussi à atteindre Stanleyville, sûrement que l’histoire du Congo (et probablement celle de l’Afrique Centrale) aurait pris une autre direction. Très vite, le gouvernement séparatiste d’Antoine Gizenga gagna du terrain. Il parvint à conquérir le Kivu, une partie du Katanga (Manono), rafla le Sankuru et s’empara même de Luluabourg (Kananga) pour un temps : des représentants du gouvernement de Stanleyville s’établirent dans ces fiefs, tels Laurent-Désiré Kabila dans le territoire de Fizi, Marandura et Casimir Mbagira dans la plaine de la Ruzizi, Kashamura à Bukavu, Soumialot et Nicolas Olenga au Sankuru et au Maniema. Ce gouvernement fut reconnu par 21 pays d’Afrique, d’Asie, et d’Europe de l’Est. Des pays frontaliers comme le Burundi, le Soudan, l’Ouganda, le Congo-Brazzaville, la Tanzanie accueillirent des représentants du gouvernement de Stanleyville et autorisèrent l’ouverture des ambassades et consulats dans certaines de leurs villes. Mais très vite, les lumumbistes seront caractérisés par des luttes intestines, parfois sanglantes et une désunion remarquée. En février 1961, certains leaders des partis lumumbistes (dont Kamitatu Cléophas et Gbenye) exigèrent que soit organisée une assemblée générale pour désigner un “successeur légal” de Lumumba. Mais à l’issue du “Conclave de Lovanium” (auquel Gizenga n’avait pas pris part) organisé en août 1961, la plupart de lumumbistes portèrent leur choix sur Antoine Gizenga. C’est ainsi qu’il fut nommé (dans le nouveau gouvernement d’union nationale de l’après Lumumba), vice-premier ministre du gouvernement de Cyrille Adoula. Mais il fut destitué quelques temps après, puis emprisonné jusqu’en 1964 sur l’île de Bula Mbemba à l’embouchure du fleuve Congo. Il ne fut libéré qu’en juillet 1964 par le nouveau Premier ministre, Moïse Tshombe. C’est aussi à ce moment-là qu’il créa le Parti lumumbiste unifié (Palu). Mais quelques mois après, il fut de nouveau arrêté, puis placé en résidence surveillée pendant 14 mois jusqu’au coup d’Etat de Mobutu du 24 novembre 1965. C’est là qu’il prit le chemin de l’exil et resta pendant 27 ans (de 1965 à 1992) en dehors du pays; tour à tour à Moscou, en Angola, puis au Congo-Brazzaville.

Le gouvernement Tshombe

4-se trouva aux prises avec la guerre civile et la "sécession" du Nord-Katanga et avec la constitution d’un gouvernement de la Lualaba à Manono [1][1] C.A.H. n° 2 ? janvier 1961.. Il fut de plus en butte à l’opposition d’une grande partie de l’opinion internationale et à celle des Nations-Unies.

Le gouvernement du Sud-Kasaï

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connut une existence plus précaire ; oscillant de l’autonomie provinciale dans le cadre d’un Congo uni à l’indépendance plus ou moins totale, il eut à subir successivement : l’occupation militaire par les troupes du gouvernement Lumumba, la guerre civile, la guérilla sur les frontières contestées, la famine et l’anarchie. Des coups d’état successifs transformèrent les institutions politiques d’un régime semi-parlementaire en une monarchie constitutionnelle d’abord, absolue et de "droit divin" ensuite. Les frontières de l’État varièrent de la superficie de deux territoires à celle d’une demi province, sans se stabiliser définitivement.

Le gouvernement Gizenga

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s’organisa définitivement à Stanleyville à partir de la fin du mois d’octobre. Il étendit peu à peu son autorité aux régions limitrophes et put prétendre à certains moments couvrir les provinces du Kivu et de la P.O., le Nord-Kasaï, jusqu’à Lusambo, le Nord-Katanga jusqu’à Manono. L’autorité du gouvernement de Stan sur le Kivu et le Nord-Katanga fut cependant, sauf durant de brèves périodes, fort théorique. Au Kivu, seules les autorités militaires de Stanleyville parvinrent à s’implanter de manière constante et à empêcher les gouvernements de Léo ou d’E’ville de contrôler les institutions provinciales.

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Le gouvernement Gizenga eut à partager le pouvoir, d’une part, avec le gouvernement provincial de M. Manzikala (remplaçant de M. Finant, tué à Bakwanga), ce qui se fit sans difficultés majeures étant donné la fidélité commune à P. Lumumba et, d’autre part, avec les groupes de pression constitués par les jeunesses M.N.C. dirigées par B. Salumu et par l’aile radicale de l’armée nationale. L’influence de ces groupes fut non négligeable et, à certains moments de crise, suffisante pour paralyser les gouvernements Gizenga et Manzikala. L’arrestation des ministres provinciaux Guestan et Badjoko et de M. Mandi fut un épisode de ces tensions.

Le gouvernement Iléo

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de septembre 1960 à février 1961, dut abandonner le pouvoir de fait au Collège des commissaires et se contenter d’une existence presque complètement théorique. Réinstallé le 9 février 1961, le gouvernement Iléo étendit son pouvoir sur les provinces de Léopoldville et de l’Equateur et sur une partie, d’ailleurs variable, de la province du Kasaï. Il ne put se faire admettre ou s’imposer, ni au Katanga, ni au Kivu, ni en Province Orientale.

Le Collège des commissaires

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mis en place et soutenu par le Général Mobutu d’abord, par le Chef de l’État ensuite, exerça pendant cinq mois le pouvoir de fait à Léopoldville, mais ne put se faire reconnaître ni par le parlement congolais, ni par les instances internationales.

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Enfin, les Nations-Unies constituèrent également une autorité de fait pendant ces onze mois. Se substituant aux autorités congolaises lorsque celles-ci faisaient défaut ou étaient en difficulté, les Nations-Unies finirent, après la mort de P. Lumumba, par peser sur l’évolution politique générale du Congo et contribuèrent d’une manière déterminante à l’installation du nouveau gouvernement qu’elles jugeaient nécessaire à la réussite de leur plan d’assistance et de réorganisation.

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Ces cinq pouvoirs de fait se partagèrent de manière fort inégale et avec des fortunes diverses l’ensemble du potentiel de ressources internes et de relations externes du Congo.

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Le Katanga, et le Sud-Kasaï dans une moindre mesure, bénéficièrent de ressources financières d’origine provinciale. Le montant de ces ressources qui représentait plus de 40 % du budget ordinaire du Congo fut utilisé en grande partie pour couvrir des dépenses militaires extraordinaires et des frais politiques et ne put pallier la détérioration des finances et de la monnaie katangaise.

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Sur le plan des relations extérieures, la position du Katanga fut ambiguë. Ne jouissant d’aucune reconnaissance officielle, le Katanga bénéficia cependant de l’appui effectif de certains pays occidentaux, au premier rang desquels la Belgique, et de la sympathie personnelle du président Youlou de Brazzaville. L’assistance technique et militaire de nature bilatérale, dont bénéficia le gouvernement Tshombe, fut supérieure à l’ensemble de l’assistance fournie aux gouvernements de Léopoldville et de Stanleyville.

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Le gouvernement de Léopoldville bénéficia de l’appui conditionné des Nations-Unies. D’une collaboration de fait prudente et partielle avec le Collège des Commissaires, l’assistance des Nations-Unies devint d’une efficacité croissante avec le gouvernement Iléo, sans pour autant s’intégrer pleinement avec un gouvernement qui manquait aux yeux d’une grande partie de l’opinion internationale de légitimité et avec lequel les heurts ne manquèrent pas (ex. : l’affaire de Matadi).

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Le gouvernement de Léopoldville bénéficia en outre d’une reconnaissance de facto et de jure de la part des pays occidentaux qui lui accordèrent, le plus souvent par l’entremise des Nations-Unies, une aide technique et financière appréciable.

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Le gouvernement Gizenga fut effectivement le moins favorisé malgré la reconnaissance et la sympathie dont il bénéficia de la part de certains pays afro-asiatiques et européens depuis la morte de P. Lumumba (Ghana ? Mali ? R.A.U. ? République Populaire de Chine ? Guinée ? Yougoslavie ? Maroc ? G.P.R.A. ? Mongolie ? Albanie ? Cuba ? Hongrie ? Irak ? Bulgarie ? Pologne ? Tchécoslovaquie ? U.R.S.S. ? Allemagne de l’Est ? Roumanie.)L’assistance technique dont il bénéficia fut nulle, si on excepte les techniciens belges demeurés en place (cinq d’entre eux furent expulsés fin mai en application de la résolution du Conseil de sécurité du 21 février).

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On peut conclure qu’un an après la proclamation de l’indépendance, le Congo était démembré en quatre fractions :

  • sur le plan monétaire : deux monnaies différentes plus une monnaie de compte à Stan ;

  • sur le plan des finances publiques : deux budgets séparés ayant leur propres ressources ;

  • sur le plan économique[2][2] Notre prochain Courrier sera consacré à la situation... : trois zones et un blocus de la P.O. et du Kivu ;

  • sur le plan militaire : au minimum, quatre armées, dont deux appelées "gendarmerie", sans compter les unités militaires plus ou moins autonomes.

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Enfin, sur le plan international et des relations extérieures : deux gouvernements : Léopoldville et Stanleyville, partiellement légitimés, mais pas suffisamment pour recevoir une assistance étrangère inconditionnée, et deux pouvoirs de fait bénéficiant d’appuis extérieurs considérables, mais sans base légale, donc éphémères.

II - LES TENTATIVES DE REUNIFICATION ET DE LEGITIMATION

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Les négociations qui se succédèrent presque sans interruption durant ces onze mois, devaient résoudre essentiellement deux contradictions :

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La première, celle de la sécession katangaise, datait du 11 juillet 1960. Elle opposa, sauf durant de brèves périodes, le gouvernement d’E’ville à ceux de Stan et de Léo. Les rapprochements entre Léopoldville et E’ville coïncidèrent avec certains moments de tension extrêmes entre Stan et Léo. Cependant, à Léopoldville, certains partisans du fédéralisme étaient enclins à s’appuyer sur la sécession katangaise pour faire triompher leur politique.

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La seconde contradiction résidait dans le conflit entre le gouvernement de Léopoldville et celui de Stanleyville quant à la succession du gouvernement Lumumba. Le premier avait été investi par le Chef de l’État et reconnu par la partie occidentale de l’opinion mondiale, mais l’assassinat de M. Lumumba lui enleva une partie de son crédit ; le second, héritier spirituel du lumumbisme, bénéficia de la reconnaissance de plusieurs pays afro-asiatiques.

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Cette double contradiction entre les trois protagonistes principaux de la crise congolaise se révéla, à travers trois conférences de la Table Ronde, insurmontable sans arbitrage extérieur.

Les tentatives de 1960

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Entreprises durant l’emprisonnement de M. Lumumba et pendant que se constituait à Stanleyville le gouvernement de M. Gizenga, les négociations du dernier trimestre de 1960 se déroulèrent exclusivement sur l’axe Léopoldville-Elisabethville. Les autorités de Léo escomptaient l’appui militaire et financier du Katanga et, dans ce but, sa réintégration dans un Congo fédéral à créer. Le Katanga, en butte à la méfiance internationale, avait comme objectif de faire légitimer son indépendance par une modification de la loi fondamentale et par une reconnaissance de Léopoldville et acceptait en contre-partie d’aider financièrement les autres États.

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La Conférence de Brazzaville (15 décembre 1960), où les leaders de Léopoldville et du Katanga se rencontrèrent sous les auspices du président Youlou, marqua l’incompatibilité profonde des positions respectives et l’échec des négociations bilatérales Léopoldville ? Elisabethville.

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En effet, le 22 décembre, M. Tshombe annonçait qu’une Conférence de la Table Ronde se tiendrait à Elisabethville le 15 février 1961, tandis que M. Kasa-Vubu convoquait le 2 janvier une Table Ronde à Léopoldville pour le 25 janvier, sous la présidence du formateur désigné, M. Iléo.

La Conférence de la Table Ronde de Léopoldville (25 janvier ? 16 février 1961)

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Malgré les concessions importantes faites par Léopoldville au gouvernement Tshombe et l’envoi d’une délégation à Elisabethville conduite par l’actuel président du Sénat, M. Kumoriko, le président Tshombe refusa de se faire représenté à la Conférence de Léo.

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La conférence fut dominée, en l’absence de représentants katangais, par les personnalités réputées modérées comme M. Lihau ou favorables à une négociation avec Stanleyville comme MM. Adoula et Kama (P.S.A.).

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Les thèses suivantes, adoptées à une forte majorité en conclusion de la conférence, dénotent une ouverture très nette des participants à l’égard des positions du gouvernement de Stanleyville et un premier pas vers la convocation du Parlement :

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  • "Libération de tous les détenus politiques y compris M. Lumumba." Seuls, les délégués du Sud-Kasaï firent opposition.

  • "Réouverture du Parlement et participation de tous les parlementaires à la Table Ronde."

  • "Constitution d’un gouvernement provisoire." (seul le porte-parole du P.S.A. protesta)

  • "Maintien de l’unité du Congo dans des structures fédérales" [3][3] Voir au sujet de la Conférence de Léopoldville : B.....

La Conférence de Tananarive (8-12 mars 1961)

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La Conférence de Tananarive se solda par une victoire des thèses katangaises et un rapprochement complet entre Léo et E’ville.

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Ce revirement, à un mois de la conférence de Léopoldville, s’explique par trois séries d’événements :

  1. l’annonce de la mort du premier ministre Lumumba et des massacres de Bakwanga fit échouer toutes les tentatives de rapprochement entre Léo et Stan ;

  2. la menace des troupes de Stanleyville sur Luluabourg précipita la conclusion immédiate d’un accord militaire entre Léo-E’ville et Bakwanga ;

  3. la résolution du Conseil de Sécurité du 21 février fut considérée par les gouvernements de Léopoldville et d’Elisabethville comme une menace commune contre leur indépendance.

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Les résolutions de la Conférence [4][4] Publiées dans le Courrier Africain du 28 mars 1961 s’écartaient complètement de celles de Léopoldville et rejetaient en fait la réunion du Parlement et la formation d’un gouvernement responsable devant les Chambres. En annonçant la formation d’une confédération d’États souverains et la création d’un Conseil d’États, les délégués disqualifiaient en fait le parlement congolais. Jamais, on ne fut aussi éloigné d’une reprise du processus parlementaire et de la formation d’un gouvernement parlementaire.

La Conférence de Coquilhatville (23 avril ? 28 mai 1961)

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Après une brève période d’euphorie, l’opinion publique congolaise et les dirigeants politiques de Léopoldville commencèrent à désavouer les conclusions de Tananarive. L’Essor du Katanga ayant attribué le "succès complet de Tananarive" à M. Tshombe, le Ministère de l’Information de Léopoldville (M. Bolikango) publia une mise au point déclarant que le "succès obtenu à Tananarive est le fruit du travail en commun de l’ensemble des membres ayant fait partie de la conférence" [5][5] Le Courrier d’Afrique, 17 mars 1961..

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Le 29 mars, M. Bomboko, qui, bien que Ministre des Affaires Étrangères du gouvernement de Léopoldville, n’avait pas pris part à la conférence de Tananarive, sortit de sa réserve. Il affirma, au cours d’une conférence de presse qu’il incombait au parlement de légaliser les résolutions de Tananarive [6][6] Le Courrier d’Afrique, 30 mars 1961.. Cette prise de position équivalait en fait à un rejet des thèses de Tananarive car il était exclu que le parlement puisse les entériner.

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Le 1er avril, le porte-parole du Ministre Bomboko précisa qu’aucune décision n’avait été prise au sujet de la participation du gouvernement central à la conférence de Kamina, qui devait, d’après les accords de Tananarive, préluder à une Table Ronde générale et définitive à Elisabethville.

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Le même jour, M. Gizenga, dont le chef du service d’information avait qualifié Tananarive de "Rendez-vous des Assassins" [7][7] Uhuru, Stanleyville, 6 mars 1961., déclarait également refuser d’aller à Kamina.

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Une coalition de plus en plus importante et de plus en plus décidée allait se former pour faire échouer les résolutions de Tananarive. Dans cette coalition figuraient, en plus des adversaires déclarés de la sécession katangaise, tels MM. Bolikango, Sendwe, Bomboko, les dirigeants lumumbistes de Stanleyville et de Léo et les pays afro-asiatiques, un nombre croissant de personnalités congolaises modérées, favorables à un certain fédéralisme, mais qu’effrayaient la prolifération anarchique des États et des Chefs d’États et les échéances financières, administratives et économiques qui s’imposeraient inévitablement aux jeunes États.

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Au Gouvernement central de Léopoldville, des difficultés croissantes d’ordre financier et économique et l’absence d’aide concrète de la part du Katanga, renforçaient la conviction que seule une réintégration du Katanga et un partage équitable des ressources pourraient résoudre l’impasse des finances publiques.

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Enfin, dès le début avril, les négociations reprirent entre Stanleyville et Léopoldville par l’intermédiaire de M. Kamitatu (leader P.S.A. et président du gouvernement provincial de Léopoldville), qui rencontra M. Gizenga à Stanleyville le 4 avril.

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La Conférence de Coquilhatville s’ouvrit donc le 23 avril sous des auspices défavorables aux thèses de M. Tshombe. C’est le moment que choisit M. Tshombe, le lendemain de son arrivée à Coquilhatville, pour exiger du président Kasa-Vubu la dénonciation de l’accord signé par lui avec l’O.N.U. Une fois M. Tshombe et ses conseillers européens arrêtés et transférés à Léopoldville, l’abandon des thèses confédérales de Tananarive et le recours au parlement (résolution n° 18) s’inscrivirent facilement dans les conclusions de la Conférence [8][8] Courrier Africain du C.R.I.S.P. n°s24, 25 et 29 de....

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Ces positions étaient en fait l’aboutissement d’une évolution discernable dès la fin de la conférence de Tananarive. La réunion du parlement à Louvain, la formation d’un gouvernement central unique et la réconciliation entre Stanleyville et Léopoldville découleront des positions acquises à la conférence de Coquilhatville et notamment de la rupture brutale entre Léopoldville et Elisabethville.

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Ce retournement définitif de la politique congolaise n’aurait cependant pas été possible sans l’action consciente, systématique et pressante d’une force d’arbitrage : l’organisation des Nations-Unies au Congo.

III - LA NOUVELLE POLITIQUE DES NATIONS-UNIES AU CONGO (février-août 1961)

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La résolution du Conseil de sécurité du 21 février 1961 marque le début d’un tournant dans l’action des Nations-Unies au Congo.

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Elle fut précédée par certains faits qui permettent de mieux la comprendre :

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1. Les délégués africains à la conférence de Casablanca (4-7 janvier 1961) apportèrent leur soutien au gouvernement légal de M. Lumumba et menacèrent de retirer les troupes de leurs pays respectifs du cadre de l’O.N.U.C. au cas où M. Hammarskjöld ne parviendrait pas à rétablir l’autorité du premier gouvernement central, à obtenir la convocation du parlement congolais et à "disperser les bandes illégales de Mobutu" [9][9] Courrier Africain n° 3 du 25 janvier 1961..

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2. Le 17 janvier, ?. Lumumba fut transféré de sa prison de Thysville à Elisabethville dans des conditions que l’opinion mondiale connut et réprouva sévèrement. L’O.N.U.C., bien que présente sur l’aérodrome d’Elisabethville au moment du débarquement de M. Lumumba et de ses compagnons Mpolo et Okito, s’abstint de toute intervention directe et s’exposa de ce fait aux critiques violentes de la part de l’U.R.S.S. et de pays afro-asiatiques. Le principe de la non-intervention dans les affaires intérieures du Congo fut mis en cause.

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3. L’annonce, le 13 février, de la mort de P. Lumumba eut sur l’action des Nations-Unies au Congo un double effet : les critiques qui lui furent adressées par l’U.R.S.S. d’abord (memorandum du 14 février) [10][10] Courrier Africain ? C.R.I.S.P. ? 21 février 1961, p...., par les pays afro-asiatiques ensuite, firent pression sur le secrétariat général et sur l’appareil exécutif de l’O.N.U. au Congo afin qu’ils sortent de leur réserve et prennent des initiatives politiques et militaires. Par ailleurs, la mort de M. Lumumba, dont la forte personnalité pouvait (et avait déjà dans le passé) fait échec au plan d’assistance des Nations-Unies, laissait à l’O.N.U.C. le champ libre pour développer son assistance selon ses propres normes et dans un climat politique plus neutre, sinon plus favorable à l’O.N.U.

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Le massacre de six personnalités "lumumbistes" à Bakwanga vint renforcer la force de pression afro-asiatique sur l’O.N.U. dans le sens d’une intervention directe au Congo.

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4. Résolution du 21 février du Conseil de Sécurité :

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Le point 1 de la résolution marque le tournant de la politique des Nations-Unies au Congo, puisqu’il admet le recours à la force "pour empêcher le déclenchement d’une guerre civile au Congo". La paralysie des forces des Nations-Unies au Congo prenait fin et, par le fait même, une politique d’intervention directe devenait possible.

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Le sens de cette intervention était précisé au point 2 qui demandait que des mesures soient prises pour "l’évacuation immédiate de tous les personnels militaires et para-militaires et conseillers politiques belges et d’autres nationalités ne relevant pas du commandement des Nations-Unies".

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Ces deux textes étaient suffisamment vagues pour autoriser une intervention directe des Nations-Unies avec recours à la force dans n’importe quelle circonstance, puisque l’ensemble du Congo était en état de guerre civile latente ; et pour expulser n’importe quel étranger du Congo, dont on pouvait toujours soupçonner une action politique.

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Toute la politique des Nations-Unies au Congo allait, dans les six mois à venir, s’appuyer sur ce texte. Encore fallait-il qu’à New-York, le secrétariat général et les milieux qui le conditionnent, et qu’au Congo, le représentant du secrétaire général et l’a pareil exécutif, acceptent effectivement les objectifs tracés par la résolution du Conseil et mettent en œuvre les moyens nécessaires à leur réalisation.

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A New-York, le secrétariat général reçut une confirmation de l’orientation de son mandat lors de l’assemblée générale le 21 mars par le dépôt du rapport de la Commission de conciliation et par les débats qui suivirent.

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Par ailleurs, le gouvernement américain avait inauguré en matière congolaise une nouvelle politique, concrétisée dans le "Plan américain" du mois de janvier [11][11] Courrier Africain, C.R.I.S.P., 21 février 1961, p...., qui rejoignait sur plusieurs points les thèses afro-asiatiques (neutralisation de l’Armée, gouvernement d’Union Nationale avec participation de M. Lumumba, ….). Cet aval des États-Unis fut, pour le secrétariat général, un soutien indispensable.

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Au Congo, la nouvelle politique des Nations-Unies fut rendue possible, d’une part, par un changement de son personnel de direction, d’autre part, par l’ouverture de plus en plus grande que les dirigeants de Léopoldville témoignèrent à l’égard des Nations-Unies.

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Il faut signaler enfin que le changement de gouvernement en Belgique fut également un facteur favorable à la coopération entre Nations-Unies et gouvernement congolais.

Les positions du Chef de l’Etat

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Le 6 mars, le lendemain des incidents sanglants de Matadi entre forces de l’O.N.U.C. et l’A.N.C., M. Kasa-Vubu faisait une première ouverture au secrétaire général concernant l’application des résolutions du Conseil de sécurité.

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Cinq mesures de réorganisation de l’armée étaient proposées :

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  1. "- L’armée nationale reste sous le commandement du Président de la République qui, de par ses fonctions, est le mieux à même de l’isoler de toute politique et à lui assurer que le travail de réorganisation n’aboutira pas à priver le pays de l’armée essentielle de sa souveraineté. Cette condition est fondamentale, elle seule permettra de garantir que la réorganisation, une fois annoncée, ne provoquera pas des fuites vers le maquis et des perspectives de longues luttes de guerillas.

  2. - La réorganisation doit s’étendre à tout le pays, y compris la Province Orientale, le Kivu, le Sud-Kasaï et le Katanga. Le gouvernement est prêt à faire commencer l’opération immédiatement dans les unités qui dépendent du commandement du général Mobutu, sans attendre nécessairement qu’elle soit entamée simultanément dans les autres unités. Mais ceci à la condition qu’un accord suffisant soit intervenu à ce sujet avec les chefs militaires de Stanleyville, de Bakwanga et d’Elisabethville, et en outre qu’il soit bien entendu qu’en cas d’impossibilité de réorganiser ces troupes dissidentes, l’opération puisse être aussitôt suspendue dans les unités loyales.

  3. - Un conseil national de la défense sera institué par le Président de la République et sous son autorité. Il comprendra des chefs militaires congolais, des délégués de la Force des Nations-Unies et il pourrait être présidé par un officier supérieur neutre qui relèverait uniquement du Président de la République. Ce conseil sera chargé d’élaborer un programme précis d’entraînement, de formation et de réorganisation de l’A.N.C. Il fera toutes les propositions nécessaires pour l’aboutissement heureux de sa mission et recevra l’appui et des autorités congolaises et de la Force des Nations-Unies pour mettre son programme à exécution.

  4. - Un timing de travail peut être proposé, mais il risquerait de ne pas se fonder sur des données suffisamment étudiées que pour être valable. En tout état de cause, le gouvernement ne verrait aucun inconvénient à ce que l’opération soit entamée immédiatement, dès qu’un accord aura pu se faire sur les propositions émises ci-dessus.

  5. - Il reste entendu que le Gouvernement congolais conserve le droit d’accepter ou de refuser les techniciens qui seront proposés par le Conseil national de la défense et qui seront recrutés par le canal de l’O.N.U. Le gouvernement congolais entend en effet sauvegarder rigoureusement la neutralité de l’armée et il ne pourra admettre que des officiers ou sous-officiers chargés de l’encadrer et de la former se servent de leur situation pour y amener des influences subversives ou contraires à l’intérêt national."

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Le 22 mars arrivaient à Léopoldville MM. Gardiner et Nwokedi, membres de la mission de l’O.N.U. chargée de vérifier l’application de la résolution du Conseil de Sécurité du 21 février. Ces deux représentants des Nations-Unies allaient avec l’appui de M. Mekki Abbas d’abord, de M. Khiari ensuite, mettre en application effective la nouvelle politique des Nations-Unies.

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Le 12 avril, M. Gardiner déposait un Memorandum auprès du Ministre des Affaires Étrangères, M. Bomboko, concernant la Résolution du Conseil de Sécurité [12][12] Courrier Africain du C.R.I.S.P., n° 15, 18 avril 1....

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Après avoir affirmé que la souveraineté de la République du Congo concernant la réorganisation et le choix du personnel civil et militaire devait être reconnu, M. Gardiner suggérait la création de deux comités mixtes Congo-O.N.U. chargés de l’élimination des conseillers civils étrangers, d’une part, des conseillers militaires et de la réorganisation de l’armée d’autre part.

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Ce memorandum constituait une proposition très nuancée de mise en application de la résolution du Conseil de sécurité, interprétée dans un sens favorable au Gouvernement de Léopoldville dont on reconnaissait la souveraineté et la compétence, tant en principe que dans les modalités pratiques d’exécution.

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Ces propositions furent cependant rejetées par le gouvernement congolais qui déclara dans sa réponse datée du 11 avril s’en tenir "au plan de réorganisation de toutes les forces armées, avec la collaboration de l’O.N.U., qu’il a proposé" et "rester seul maître dans le choix de ses techniciens étrangers" [13][13] Agence Belga, 14 avril 1961. Il s’agit du plan du 5 mars.... Cette réponse était signée par le Premier Ministre Iléo et par M. Bomboko.

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Une semaine plus tard, le 17 avril, un accord de principe était conclu entre le Président Kasa-Vubu et MM. Gardiner et Nwokedi.

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L’accord contenait une acceptation de la résolution du 21 février par la République du Congo. Les Nations-Unies accordaient leur assistance au Président de la République "pour que tous les fonctionnaires étrangers, civils, militaires, paramilitaires, mercenaires et conseillers politiques qui n’ont pas été engagés ou rappelés sous l’autorité du Président de la République soient renvoyés du Congo dans les plus brefs délais". La République du Congo reconnaissait "la nécessité de réorganiser l’Armée Nationale …. avec l’assistance des Nations-Unies" [14][14] Courrier Africain du Crisp n° 16, 25 avril 1961. Dans....

68

Ce texte était signé par MM. Nwokedi et Gardiner d’une part, par MM. Kasa-Vubu et Bomboko d’autre part.

69

Il n’est pas exagéré de considérer cet accord comme le tournant essentiel de la politique congolaise en 1961. Ce que la résolution du Conseil de sécurité du 21 février avait signifié sur le plan de la mission du secrétaire général et de l’appui international qu’il pouvait escompter, l’accord du 17 avril le confirma sur le plan intérieur congolais et manifesta concrètement le soutien et la coopération du président de la République aux projets du Secrétaire général.

70

Il faut noter en outre que l’accord concernait directement le Chef de l’État ? la signature de M. Bomboko ne servant que pour couvrir constitutionnellement le président ? et non le gouvernement de M. Iléo. Celui-ci avait, la semaine précédente, rejeté les propositions Gardiner et par le fait même perdu la dernière occasion de se faire accepter comme interlocuteur légitime par l’O.N.U. On pouvait en conclure que les Nations-Unies accorderaient, d’une part, leur soutien total au Chef de l’État et, d’autre part, chercheraient à tout prix la formation d’un gouvernement légitime, c’est-à-dire approuvé par une majorité parlementaire.

71

Il est probable qu’à cette occasion, des garanties furent données au Chef de l’État, concernant le remplacement ou du moins le retrait de M. Dayal, avec lequel les rapports du Chef de l’État étaient devenus très difficiles.

72

À l’égard du problème katangais, aucun accord explicite ne fut pris ; cependant l’autorité du Chef de l’État sur le Katanga était affirmée très nettement dans le domaine essentiel de l’engagement des fonctionnaires étrangers civils et militaires, tandis que les Nations-Unies étaient chargées de faire respecter les décisions du Chef de l’État en la matière. En clair, cela signifiait, étant donné que la sécession katangaise était inviable sans l’assistance du personnel civil et militaire étranger que le Katanga réintégrerait bientôt, de gré ou de force, le Congo sous l’autorité du Chef de l’État.

73

Ainsi se précisaient pour la première fois depuis la crise gouvernementale de septembre, les grandes lignes d’une politique des Nations-Unies au Congo :

  • Soutien complet au Chef de l’État après que celui-ci eut décidé de coopérer avec les Nations-Unies.

  • Les décisions et accords politiques importants sont traités directement avec le Chef de l’État et non plus avec le Gouvernement de Léopoldville.

  • En conséquence, la formation d’un nouveau gouvernement approuvé par le Parlement apparaît nécessaire, sans que ceci puisse remettre en cause les accords pris avec le Chef de l’État, dont le maintien à la présidence est la garantie de ces accords.

  • La sécession katangaise sera résorbée avec l’accord du Chef de l’État par le retrait des fonctionnaires civils et militaires étrangers.

74

Cette nouvelle politique ne tarda pas à être mise en application : le 24 avril, M. Tshombe exige à la Conférence de Coquilhatville que M. Kasa-Vubu dénonce solennellement l’accord signé avec l’O.N.U. Le jour même, M. Mekki Abbas, remplaçant a.i. de M. Dayal, confère avec le président Kasa-Vubu à Coquilhatville. Le 25, M. Tshombe déclare quitter la conférence. Le 26, il est arrêté par l’Armée Congolaise. Ses conseillers européens sont expulsés du Congo à la demande du Chef de l’État par les soins de l’O.N.U.

75

Pendant toute la conférence de Coquilhatville, un fonctionnaire des Nations-Unies, M. Poujoulat, assista les délégués congolais de ses conseils et joua un rôle considérable dans l’orientation des résolutions.

76

Durant les trois mois qui séparèrent la conférence de Coq de la réunion du Parlement à Lovanium, un groupe de hauts fonctionnaires des Nations-Unies, composé en ordre principal de MM. Gardiner, Nwokedi et Khiari, et bénéficiant de l’appui de M. Mokki-Abbas d’abord, de M. Linner ensuite, unirent leurs efforts pour réaliser le plan des Nations-Unies. Celui-ci devait aboutir par des moyens non-violents, après la réconciliation des pouvoirs de Stanleyville et de Léopoldville et la réintégration du Katanga, à la formation d’un gouvernement approuvé par le Parlement. Il n’est pas douteux que ces hauts fonctionnaires furent persuadés jusqu’au dernier moment que la double contradiction séparant le Katanga du restant du Congo et Stanleyville de Léopoldville pouvait être résolue dans une réconciliation générale. Ce n’est qu’au dernier moment, devant le refus du gouvernement du Katanga d’assister à la réunion du Parlement, que les représentants de l’O.N.U. se décidèrent à utiliser pleinement les pouvoirs que leur accordaient la résolution du 21 février et l’accord du 17 avril.

 

COMPOSITION DU GOUVERNEMENT ADOULA

 

NOTICE BIOGRAPHIQUES [15][15] Ces notices sont reprises du tome III de CONGO 1960....

1 - ADOULA Cyrille

77

Né en 1923 à Léopoldville. Mongala. Employé à la Banque Centrale.

78

En 1956, entre à la F.G.T.B.-Congo. A été successivement vice-président de l’Action socialiste, membre et vice-président du bureau provisoire du M.N.C. lors de sa création en octobre 1958, secrétaire général de la F.G.T.B.

79

Adhère au M.N.C.-Kalonji (dans lequel il préside la commission économique et sociale) en juillet 1959. Vice-président du Cartel formé par l’Abako, le M.N.C.-K., le P.S.A., le Parti du Peuple, la F.G.C. et l’Alliance des Bayanzi. Membre de la délégation de ce cartel à Bruxelles en 1959 ; participe à la même époque au congrès de la C.I.S.L. Membre de la délégation du Cartel à la conférence de la Table Ronde politique. Observateur à la Table Ronde économique pour la F.G.T.K. devenue la C.S.L.C. Confédération des Syndicats Libres Congolais, par fusion avec l’A.P.I.C. et le S.N.T.C. en avril 1961.

80

Président du conseil d’administration de l’Institut politique congolais (I.P.C.), Sénateur Puna (province de l’Equateur), Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Iléo (septembre 1960 et février 1961). Signe avec M. Iléo le protocole d’accord militaire avec MM. Tshombe et Kalonji le 28.2.61.

81

Participe à la conférence de Tananarive (mars 1961). Chef de la délégation congolaise à l’Assemblée générale de l’O.N.U. (mars 1961). Entame la négociation avec le gouvernement Gizenga de Stanleyville en avril 1961. Participe à la conférence de Coquilhatville (avril 1961). Négocie la réunion du Parlement avec les délégués de Stanleyville en juin 1961, à Léopoldville. Premier Ministre en juillet 1961. Participe à la conférence de Belgrade des pays non-engagés le 4.9.61.

2 - GIZENGA Antoine

82

Né à Congo, le 5.10.1925. Bambala. Termine ses études au grand séminaire de Kinzambi. Moniteur à l’enseignement catholique à Léopoldville. Président du Parti solidaire africain (P.S.A.). Élu député national P.S.A. avec 52.442 voix de préférence (Kwilu). Vice-premier Ministre du gouvernement Lumumba. Révoqué par l’ordonnance du 5.9.1960 de M. Kasa-Vubu. À reconstitué un gouvernement central à Stanleyville où il arriva à la mi-octobre 1960. Ce gouvernement fut reconnu en février 1961 par 21 pays afro-asiatiques et d’Europe orientale. Le 31.3.1961, M. Gizenga publie un arrêté, contresigné par ses Ministres, "mettant M. Kasa-Vubu, Chef de l’État, dans l’impossibilité d’assumer ses fonctions". Il négocia, en avril 1961, avec M. Kamitatu (Léo). Vice-premier Ministre du gouvernement Adoula (juillet 1961). Participe à la Conférence de Belgrade le 4.9.1961.

3 - SENDWE Jason

83

Né en 1917 à Kabongo. Muluba du Katanga. 6 années primaires chez les Méthodistes de Kabongo. 4 années d’école normale à la mission méthodiste de Kanene. 5 années de cours d’infirmier à Stanleyville et à l’École officielle pour Infirmiers à E’ville. Infirmier diplômé, il achève ses études à l’École des Assistants Médicaux Indigènes de Léopoldville. Membre du Conseil protestant du Congo. Président général de la Balubakat et du cartel Balubakat-Atcar-Fedeka. Chef de la délégation de ce cartel à la Conférence de la Table ronde politique. Délégué du cartel à la Conférence de la Table ronde économique. Effectue en mai 1960 un voyage d’information aux E.U. à l’invitation du gouvernement américain. Député national élu sur la liste du Cartel avec 20.283 voix de préférence dans le district d’E’ville. Proposé au poste de commissaire du gouvernement central de la province du Katanga. Commissaire du gouvernement central de la province de Lualaba (le 20.10.1960). Séjourne une nouvelle fois en Belgique en février 1961. Participe à la Conférence de Coquilhatville en mai 1961.

4 - BOMBOKO Justin-Marie

84

Né le 22.9.1928, originaire de Bolomba (province de l’Equateur). Mongo. Études primaires, six années d’études à l’école normale de la mission des Pères du Sacré-Coeur, à Bamanya (Coquilhatville). De 1945 a 1951, élève à la section administrative de Lovanium-Kisantu. De 1952 a 1955, commis à l’administration provinciale, à Coq. Inscrit en 1956 à la section des Sciences politiques et administratives de l’U.L.B. Membre du cercle du Libre-Examen. Affilié au parti libéral belge. Président de l’Union générale des étudiants du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Participe comme observateur au Congrès de l’Union congolaise, à Stanleyville en octobre 1959. Membre de l’Union Mongo. Membre de la commission politique près du Ministre du Congo. Porte-parole de cette Commission à la Conférence de la Table Ronde économique. Chargé de recherches à l’Institut de sociologie Solvay. Élu avec 10.101 voix de préférence, député national Unimo de la ville de Coq. Pressenti comme Ministre de la Jeunesse et des Sports dans le projet de gouvernement Lumumba du 17 juin, puis comme Ministre des Affaires étrangères dans le projet Kasa-Vubu du 18 juin. Il occupa ce ministère dans le gouvernement Lumumba. Président du Collège des Commissaires et Commissaire général aux Affaires étrangères (29.9.1960 au 9.2.1961). Ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur dans le gouvernement Iléo (février 1961). S’opposa à l’accord militaire avec Elisabethville et aux résolutions de la Conférence de Tananarive. Reçu par le Pape Jean XXIII le 20.3.1961. Joue un rôle de premier plan à la Conférence de Coquilhatville. Ministre des Affaires Étrangères. Participe à la Conférence de Belgrade le 4.9.1961 [16][16] avec MM. Adoula, Gizenga et T. Kanza..

5 - GBENYE Christophe

85

Né à Bagbe en 1927. Mubua. Clerc au Service des Finances à Stan. Ex-vice-président du Comité de la F.G.T.B. fédérale de l’Est. Ex-premier bourgmestre adjoint de Stan. Directeur du bureau politique du M.N.C. Élu député national M.N.C.-L. du district du Bas-Uélé (Prov. Orientale). Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Lumumba. Révoqué par M. Kasa-Vubu par l’ordonnance du 5.9.1960. Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Gizenga à Stanleyille. Président du M.N.C.-L. après la mort de M. Lumumba.

6 - ILEO Joseph

86

Né le 15.9.1921 à Léopoldville. Mongo. 4 années de comptabilité en cours du soir. Deux années de culture générale (philosophie et sociologie). Comptable à l’Office des cités africaines. Participe à la rédaction du "Manifeste de Conscience Africaine" en 1956. Membre du Comité provisoire du M.N.C., en octobre 1958. Un des artisans de la scission de ce parti en juillet 1959. Collaborateur de la "Voix du peuple", organe du M.N.C.-Kalonji. Président du Bureau du Congrès du cartel Abako à Kisantu (décembre 1959). Membre effectif de la délégation du M.N.C.-Kalonji à la Conférence de la Table ronde politique. Administrateur de l’Institut Politique Congolais. Administrateur du "Courrier d’Afrique". Sénateur Unimo de la province de l’Equateur. Élu député provincial (ville de Léo) sur la liste du cartel M.N.C.-Kalonji ? P.S.A. Président du Sénat congolais (élu par 41 voix sur 80). Nommé premier Ministre par M. Kasa-Vubu, après la révocation du gouvernement Lumumba en septembre 1960. Chargé par le chef de l’État d’organiser la Table ronde de janvier 1961 à Léopoldville. Participe à la conférence de Tananarive (du 8 au 12.3.1961) comme premier Ministre de la République du Congo, fonction qu’il occupe à nouveau depuis le 10.2.1961. Participe à la Conférence de Coquilhatville (mai 1961).

7 - PINZI Arthur

87

Né le 23 mars 1922 à Boma, Muyombe (Mukongo). Agent de l’Administration (pendant 18 ans). Assure pendant de longues années la présidence de l’A.P.I.C. Bourgmestre de Kalamu (Léopoldville). Joue un rôle important dans les incidents de janvier 1959 (du fait qu’ils eurent lieu sur le territoire de sa commune). En mars 1960, il effectue un stage au Ministère belge des Affaires étrangères. Élu député national sur la liste de l’Abako, dans le district du Bas-Congo. Participe à la conférence parlementaire eurafricaine (Marché Commun) à Rome en janvier 1961. Ministre des relations inter-états dans le gouvernement de l’État du Kongo Central (mars 1961).

8 - MWAMBA Rémy

88

Né en 1921, 6 années d’école primaire, 4 années d’école moyenne (à St-Boniface), deux années de cours supérieurs. Commis-chef au parquet d’E’ville. Membre du Conseil communal de la commune de Kenya. Co-fondateur et secrétaire général de la Balubakat. Membre de la délégation du cartel Balubakat à la Conférence de la Table ronde politique. Membre du Collège exécutif général. Élu sénateur non coutumier de la province du Katanga. Ministre de la Justice dans le gouvernement Lumumba et ensuite dans le gouvernement Gizenga à Stan. Avait été révoqué par Kasa-Vubu le 5.9.1960.

9 - ELEO Ambroise

89

Bourgmestre de Lubunga à Stan. Membre du M.N.C.-L. Ministre de l’Économie et des Classes moyennes dans le premier gouvernement de la Province Orientale.

10 - KABANGI Aloïs

90

Né le 7.8.1922 à Lusambo. Musonge. Commis de l’administration (Direction des affaires politiques). Attaché au Cabinet du Gouverneur de la province du Kasaï en 1959. Membre de la délégation belge à une réunion de la C.C.T.A., tenue à Monrovia (Libéria) en février 1959. Membre du Conseil d’administration de l’I.P.C. Élu député national du cartel M.U.B. (Mouvement Unité Basonge) ? M.N.C.-Lumumba, avec 12.480 voix de préférence dans le district de Kabinda, province du Kasaï. Ministre de la Coordination économique et du Plan dans le gouvernement Lumumba. A refusé le même ministère dans le gouvernement Iléo de septembre 1960 ; accepte ce poste dans le gouvernement provisoire issu de la Conférence de la Table Ronde de janvier 1961 à Léopoldville. Membre du comité de rédaction d’"Études congolaises". Assiste à la Conférence de Tananarive en tant que Président de l’État du Lomami (mars 1961) ainsi qu’à la Conférence de Coquilhatville.

11 - KISOLOKELE Charles

91

Né en 1914 à Kamba. Mukongo. Fils aîné de Simon Kimbangu. Six années d’École primaire, trois ans d’École moyenne à la Colonie scolaire de Boma. Après avoir été deux ans moniteur à la Colonie scolaire de Boma, il fut pendant trente ans agent au Service des travaux publics à Maduda (Tshela). Membre de l’Abako. Élu député national avec 733 voix de préférence sur cette liste (dans le district des Cataractes). Se désiste de son mandat de député le 20.7.1960. Pressenti comme Ministre de l’Intérieur dans le projet du gouvernement Kasa-Vubu du 18 juin. Nommé Ministre d’État dans le gouvernement Lumumba. Également Ministre d’État dans le gouvernement Iléo (sept. 1960). Ministre des Parastataux dans le gouvernement provisoire de février 1961. Vice-Président de l’État et du gouvernement de l’État du Kongo Central en avril 1961.

12 - MONGALI Michel

92

Né en novembre 1915. Élu député national sur liste individuelle, district du lac Léopold II (province de Léo). Rédacteur en chef de l’hebdomadaire "Émancipation" (Parti du Peuple). Président de la Commission de la Justice à la Chambre et Vice-Président de la Commission des Affaires économiques. Participe à la Conférence Eurafricaine de Strasbourg (juin 1961).

13 - KAMANGA Grégoire

93

Né le 20.10.1927. Mukete. Assistant médical à l’Université Lovanium. Député national (Coaka), élu avec 20.050 voix de préférence dans le district de Lulua au Kasaï. Ministre de la Santé publique dans le gouvernement Lumumba. Révoqué par l’ordonnance du 12.9.1960 de ses fonctions ministérielles. Participe à la Conférence de la Table ronde de Léopoldville en janvier 1961. Arrêté le 14.2.1961 et transféré à Bakwanga le 16. Condamné à 5 ans de prison le 17 février. Libéré mi-mars 1961. Chef de l’État de l’Unité Kasaienne (avril 1961) qu’il crée dès son retour à Léo. Participe à la Conférence de Coq en mai 1961.

14 - WEREGEMERE Jean-Chrysostome

94

Né le 5.9.1919 dans le territoire de Kabare. Muhavu. Études primaires à Bukavu. 4 années au petit séminaire du Katanga, cours de comptabilité par correspondance. Secrétaire général du Centre de Regroupement Africain (Céréa). Participe à la Conférence de la Table ronde politique. Créée une dissidence Céréa-Weregemere. Député national, élus sur la liste Reko, dans le district du Sud-Kivu. Pressenti comme ministre de l’Agriculture dans le projet Kasa-Vubu du 18 juin. Dirigea la délégation économique envoyée par M. Lumumba aux États-Unis en août 1960. Membre de la Commission parlementaire de conciliation (septembre 1960) en vue d’un règlement du conflit entre le Chef de l’État et le Premier Ministre. Nommé Ministre de l’Information du gouvernement central de Stanleyville (1961).

15 - ILUNGA Alphonse

95

Né en 1931 au Kasaï (territoire de Dibaya). Lulua. Président de l’Union Nationale Congolaise (U.N.C.). Membre effectif de la délégation de ce parti à la Table ronde politique. Ministre des Travaux publics dans le gouvernement Lumumba. Ministre des Arts, de la Culture et des Sports dans le gouvernement Iléo de septembre 1960. Ministre des Travaux Publics dans le gouvernement Iléo de février 1961. Conseiller communal à la commune de Ndesha à Luluabourg.

16 - RUDAHINDWA Edmond

96

Né le 28.8.1928. Employé à l’administration des Mines. Conseiller communal à la commune de Kadutu. Député national, élu sur la liste Reko, dans le district du Sud-Kivu. Ministre des Mines dans le gouvernement Lumumba. Révoqué le 12 septembre 1960 par le Chef de l’État. Rejoint le gouvernement Gizenga à Stanleyville.

17 - MASIKITA Pierre

97

Né en 1919. Élu député national avec 8.333 voix de préférence sur la liste LUKA dans le district du Kwango (Léo). Premier vice- président de la Commission de la Défense nationale en juillet 1960.

18 - BISUKIRO Marcel

98

Né en novembre 1929, près de Rutshuru, Kivu. Banyarwanda. Études moyennes à Nyangezi. Clerc à l’OPAK (Office dès produits agricoles du Kivu). Directeur commercial de la "Vérité", organe du Céréa. Élu communal à Kadutu (Bukavu) en décembre 1959. Président du Centre de regroupement africain (Céréa). Délégué de ce parti à la Conférence de la Table ronde politique. Délégué à la Table Ronde économique où il aligne ses positions sur celles de M. Nguvulu. Élu Sénateur dans la province du Kivu. Pressenti comme Ministre du Travail dans le projet Kasa-Vubu du 18.6.1960. Ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement Lumumba. Il garde ce ministère dans l’équipe gouvernementale de M. Iléo en septembre 1960, mais retourne ensuite au Kivu où il rallie le gouvernement Gizenga avec la même fonction. Il fonde (le 19.3.1961) à Bukavu, le journal "Dignité Nouvelle".

19 - MUNGAMBA Ferdinand

99

Né le 29.9.1922. Député national après le désistement de M. Finant.

20 - MAHAMBA Alexandre

100

Employé au Parquet et Juge au Tribunal du Centre extra-coutumier à Bukavu. Clerc à l’IRSAC à Luisa. Membre de la Commission De Voghel pour la préparation de la Conférence de la Table ronde économique, à laquelle il assiste comme délégué du Collège exécutif général. Sénateur de la province du Kivu, il se désiste de son mandat de député provincial. Présente sa candidature à la présidence du Sénat mais est battu par Iléo au troisième tour de scrutin par 41 voix contre 39. Ministre des Affaires foncières dans le gouvernement Lumumba, il figure au même poste dans le gouvernement Iléo de septembre 1960 et dans le gouvernement de février 1961.

21 - KAMA Sylvain

101

Né le 3.10.1922 à Kamba (territoire de Kikwit). Bambala. Études primaires et secondaires complètes à Leverville (Kikwit). Commis aux services urbains de Léopoldville. Membre du Comité central du Parti Solidaire Africain. Assiste au Congrès du cartel Abako à Kisantu. Participe à la Conférence de la Table ronde politique. Membre de la Commission politique auprès du Ministre du Congo (mars-juin 1960). Député national P.S.A. du district du Kwilu, Proposé par M. Lumumba au poste de commissaire du gouvernement central dans la province de Léo. Participe à la Conférence de Coquilhatville en mai 1961. Participe à la Conférence Eurafricaine de Strasbourg (juin 1961).

22 - ASUMANI Augustin

102

Sénateur M.N.C.-L. de la province Orientale. Également élu comme député provincial dans le territoire de Banalia, district du Haut-Congo. Se désiste de ce dernier mandat. Secrétaire du bureau du Sénat.

23 - NGALULA Joseph

103

Né le 12.12.1928 à Lusambo. Muluba. 6 années primaires. 5 années de cours professionnels. Rédacteur au "Courrier d’Afrique", Rédacteur en chef de "Présence congolaise". Participa à la conférence Panafricaine d’Accra en décembre 1958. Un des membres fondateurs du M.N.C. Lors de la scission, il opte pour la tendance Kalonji. Membre suppléant de la délégation de ce parti à la Conférence de la Table ronde politique. Invité en février-mars aux États-Unis. Élu député provincial avec 63.346 voix de préférence dans le territoire de Bakwanga, district de Kabinda. Premier ministre de l’"État autonome du Sud-Kasaï jusqu’en avril 1961. Vice-président du "Royaume fédéré du Sud-Kasaï". (1.6.1961). Ministre du gouvernement Iléo en juin 1961.

24 - BADIBANGA Samuel

104

Né le 24.12.1912. Négociant. Membre du Conseil de Province (Kasaï) de 1956 à 1959. Membre suppléant du Conseil de gouvernement. Membre élu du Conseil économique provincial du Kasaï, institué en 1959. Député national M.N.C.-Kalonji, district du Lulua. Pressenti comme Ministre de la Coordination et du Plan dans le projet Kasa-Vubu du 18.6.1960. Président de la Commission des Affaires Étrangères de la Chambre. Depuis septembre 1960, délégué personnel du Chef de l’État à l’O.N.U.

25 - LUMANZA Albert

105

Né le 14.4.1927. Élu député national sur liste PUNA (Ass. Ngwaka-Minagende) du district de l’Ubangi, province de l’Equateur. Participe à la pré-conférence de la Table ronde de Léopoldville en janvier 1961.

26 - LUTULA Joseph, Bonaventure

106

Né le 6.10.1927. Otetela. Secrétaire du Congrès de Lodja (mars 1960). Membre du bureau politique du M.N.C.-L. Élu députée national dans le district de Sankuru (Kasaï), Ministre de l’Agriculture dans le gouvernement Lumumba. Révoqué le 12.9.1960. Après les exécutions de Bakwanga en février 1961, il rejoint Stanleyville.

Secrétaires d’État

1 - KABANGI-NUMBI Ferdinand (ou Fortunat)

107

Ne en 1934. Député national Balubakat du Haut-Lomani.

2 - MUHUNGA Ambroise

108

Né en 1920. Député national. Président de l’Atcar (Défense des intérêts Tshokwe), parti qui fera ensuite cartel avec la Fedeka et la Balubakat. Le 20.10.1960, dans la proclamation de la province du Lualaba, il est désigné comme Administrateur d’État aux Sociétés.

3 - KAPONGI Sébastien

109

Né en 1913 à Demba. Lulua. Études au Petit Séminaire de Kabwe (1927-1933) et de philosophie au Grand Séminaire de Kabwe (1933-1938). Commis. L’un des promoteurs de l’association des "Lulua-Frères". Membre de la Commission politique auprès du Ministre du Congo (mars-juin 1960). Élu député national P.N.P. dans le district de Lulua, et député provincial dans le territoire de Demba, district de Lulua, province du Kasaï. Président de la Commission des Affaires économiques de la Chambre. Membre de la Commission compromissoire parlementaire du 7.9.1960.

4 - TSHISHIKU Marcel

110

Né le 12.10.1928. Député national du P.N.P. district du Kasaï.

5 - KIHUYU Etienne

111

Né en 1930 à Tente-Ngoma, secteur des Basambala (Katako-Kombe). Mukela. Trois ans d’études au Petit Séminaire de Kabwe. Rédacteur au journal "Communauté" de Luluabourg. Organisateur du Congrès M.N.C.-L. au Kasaï (avril 1960). Élu député national M.N.C.-L. avec 24.199 voix de préférence dans le district de Sankuru au Kasaï. Élu secrétaire du Bureau de la Chambre des Représentants. Membre de la délégation de Stan envoyée à Léo en juin 1961 pour négocier la réunion du Parlement.

6 - ANEKONZAPA André

112

Né le 17.9.1924 près de Banzyville (Equateur). Ngwandi. 6 ans d’école primaire. 3 ans d’école normale à la Mission catholique de Molegbe (Ubangi). Comptable. Correspondant officiel du périodique "Mbandaka" (Equateur), Membre du Conseil de province pour l’Equateur de 1957 à 1959. Président du Mederco. Membre effectif de la délégation P.N.P. à la Conférence de la Table ronde politique.

113

Élu député national Mederco-P.N.P. dans le district de Mongala, province de l’Equateur. Participe à la pré-conférence de la Table ronde de Léopoldville en janvier 1961. Participe à la Conférence Eurafricaine de Strasbourg en juin 1961.

7 - LENGEMA Marcel

114

Né le 3.1.1931. Études primaires à Stanleyville, secondaires administratives chez les Frères Maristes à Buta. Employé de l’Administration à Stanleyville. Chef de poste de la station de Météo. Membre du comité du M.N.C.-L. pour la province Orientale. Effectue un stage à l’École d’administration à Bruxelles. Nommé avec M. Mobutu directeur du bureau du M.N.C.-L. à Bruxelles. Participe à la conférence de la Table ronde politique.

8 - UKETWENGU Désiré

115

Né le 4.1.1934. Député national M.N.C.-L., district de Kibali-Ituri, province Orientale.

9 - BONDHE Théodore

116

Né en 1917. Député national M.N.C.-L., district du Haut-Congo. Province Orientale. Il est également élu député provincial dans le territoire de Basoko, du même district.

10 - KAMBALE Alphonse

117

Né en 1934. Député national sur liste du Céréa-Butembo, dans le district du Nord-Kivu. Également élu député provincial dans le territoire de Béni, district du Nord-Kivu. Secrétaire du Bureau de la Chambre. Se désiste de son mandat de député national.

11 - MATITI Justin

118

Né en 1920 à Banningville dans le Kwango. Muyanzi. Diplômé d’École normale chez les Jésuites de Kikwit. Membre de la délégation du Parti Solidaire Africain à la Conférence de la Table ronde politique. Élu sénateur sur la liste P.S.A. dans la province de Léo. Secrétaire du Bureau du Sénat. Participe à la Conférence Eurafricaine de Strasbourg. (juin 1961)

12 - ZOLA Emile

119

Né le 5.4.1932. Député national, élu sur la liste Abako dans le district des Cataractes, province de Léopoldville.

13 - BOLYA Paul C.D.

120

Né le 10.10.1924 à Bengale (Province de l’Equateur). Mongo. Diplôme d’assistant médical en 1948. Effectue un stage de perfectionnement à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers. Moniteur répétiteur à l’École des Assistants médicaux de Léopoldville jusqu’en janvier 1959. Président de la Fédéqualac (Fédération de l’Equateur et du Lac Léopold II), Président national du P.N.P. dès le Congrès constitutif de novembre 1959 à Coquilhatville. Membre de la délégation P.N.P. à la conférence de la Table ronde politique. Membre du Collège Exécutifs auprès du Gouverneur général de mars à juin 1960. Sénateur Unimo de la province de l’Equateur.

121

Pressenti comme ministre de la Santé publique dans le projet de gouvernement Lumumba du 17 juin et dans le projet Kasa-Vubu du 18 juin. Ministre d’État dans le gouvernement Lumumba. Ministre de la Santé dans le gouvernement Iléo (septembre 1960). Fit un séjour en 1960 à Caux en Suisse, au Réarmement moral. Participe au Congrès Mongo de Boende en janvier 1961. Ministre de la Fonction publique du gouvernement Iléo de février 1961.

14 - BARIKO Laurent

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Délégué du P.N.P. à la Conférence de la Table ronde économique. Membre de la LUKA-Léo. Secrétaire général du Parti de l’Unité Congolaise (P.U.C.). Participe à ce titre au Congrès des partis politiques à Luluabourg (Avril 1959). [17][17] suite. Sous-secrétaire à l’Intérieur dans le gouvernement...

Les Présidents des Chambres

KASONGO Joseph-Georges

123

Né le 25.12.1919 à Dar-es-Salam (Tanganyika). Otetela. Trois années d’études commerciales et quatre années de droit. Agent d’affaires et défenseur auprès des juridictions indigènes de Stan. Membre de la délégation du M.N.C.-L. à la Conférence de la Table ronde politique. Député national. M.N.C.-L. dans le district du Haut-Congo. Élu président de la Chambre des Représentants par 74 voix contre 58 à Bolikango. Président de la Commission de la Constitution à la Chambre. A joué un rôle important dans les tentatives de conciliation entre MM. Lumumba et Kasa-Vubu en septembre 1960. Participe par une délégation à la Conférence de la Table ronde de Léopoldville (janvier 1961). S’est réfugié ensuite au camp des N.U. à Léo. Réélu président de la Chambre à Lovanium, en juillet 1961.

KUMORIKO V

124

Élu sénateur coutumier (tendance Unilac) de la province de Léopoldville. Également élu député provincial dans le territoire d’Oshwe du district du Lac Léopold II. Se désiste de ce dernier mandat. Participe à la Conférence de Coquilhatville en mai 1961. Il est le doyen d’âge du Sénat congolais. Élu président du Sénat à Lovanium en juillet 1961.

Notes

[1]

C.A.H. n° 2 ? janvier 1961.

[2]

Notre prochain Courrier sera consacré à la situation économique et financière du Congo en 1961.

[3]

Voir au sujet de la Conférence de Léopoldville : B. Verhaegen ? Histoire des Tables Rondes Congolaises. Études Congolaises, (revue de l’I.P.C. ? Léopoldville), n° 2, mai-juin 1960.

[4]

Publiées dans le Courrier Africain du 28 mars 1961.

[5]

Le Courrier d’Afrique, 17 mars 1961.

[6]

Le Courrier d’Afrique, 30 mars 1961.

[7]

Uhuru, Stanleyville, 6 mars 1961.

[8]

Courrier Africain du C.R.I.S.P. n°s24, 25 et 29 de juin 1961.

[9]

Courrier Africain n° 3 du 25 janvier 1961.

[10]

Courrier Africain ? C.R.I.S.P. ? 21 février 1961, p. 3.

[11]

Courrier Africain, C.R.I.S.P., 21 février 1961, p. 7.

[12]

Courrier Africain du C.R.I.S.P., n° 15, 18 avril 1961.

[13]

Agence Belga, 14 avril 1961. Il s’agit du plan du 5 mars proposé par le président Kasa-Vubu. Voir Courrier Africain du Crisp, n° 16, 25 avril 1961.

[14]

Courrier Africain du Crisp n° 16, 25 avril 1961. Dans une conférence de presse, M. Kasa-Vubu rendait l’accord public et préconisait la coopération avec les Nations-Unies.

[15]

Ces notices sont reprises du tome III de CONGO 1960. Annexes et 600 biographies, (90 F.B.) dans la collection Dossiers du C.R.I.S.P.

[16]

avec MM. Adoula, Gizenga et T. Kanza.

[17]

suite. Sous-secrétaire à l’Intérieur dans le gouvernement Iléo (septembre 1960). Assiste à la préconférence de la Table Ronde de Léo en janvier 1961. Participe à la Conférence eurafricaine de Strasbourg (juin 1961).

Plan de l'article

  1. I - LA CRISE GOUVERNEMENTALE CONGOLAISE. (5 septembre 1960 ‒ Juillet 1961)
    1. Le gouvernement Tshombe
    2. Le gouvernement du Sud-Kasaï
    3. Le gouvernement Gizenga
    4. Le gouvernement Iléo
    5. Le Collège des commissaires
  2. II - LES TENTATIVES DE REUNIFICATION ET DE LEGITIMATION
    1. Les tentatives de 1960
    2. La Conférence de la Table Ronde de Léopoldville (25 janvier ? 16 février 1961)
    3. La Conférence de Tananarive (8-12 mars 1961)
    4. La Conférence de Coquilhatville (23 avril ? 28 mai 1961)
  3. III - LA NOUVELLE POLITIQUE DES NATIONS-UNIES AU CONGO (février-août 1961)
    1. Les positions du Chef de l’Etat
  

SOURCE: Courrier hebdomadaire du CRISP

Onze mois de crise politique au Congo

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23/02/2018
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Message du jour: Le Vivre ensemble par l'amour du prochain

Message du Jour:

"LE VIVRE ENSEMBLE"...

Pour vivre ensemble, il faut reconnaître non pas ton droit à toi seul de jouir de la vie, mais aussi et surtout reconnaître  ce même droit à l'autre d'en jouir autant que toi!
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LE VIVRE ENSEMBLE....
 
Certaines personnes ne pensent pas que les mêmes désirs et les mêmes souhaits pour leur vie ne peuvent être aussi pour les autres....Or, c'est vraiment là où beaucoup d'Africains échouent...
 
Tel veut réussir, se bat pour y arriver, une fois ses objectifs atteint, un autre le jalousera et voir même parfois, aura une idée diabolique de vouloir le "marabouter"(voir le marabouts) comme disent les Ouest africains pour lui priver de ce dont il s'est longtemps sacrifié pour réussir!
 
LE VIVRE ENSEMBLE.. ..
Est un besoin vital qui manque à beaucoup des africains....
 
Mon ami (e), si tu sais reconnaître dans l'autre avoir le droit de jouir les mêmes privilèges de la vie que toi, tu comprendras aussi ses besoins et ses souhaits sur la vie!
 
Le créateur ne nous recommande-t-il pas d'aimer notre prochain comme soi-même?....
 
Or, cette recommandation n'est pas du tout une supplication mais plutôt UN COMMANDEMENT! 
 
Or, là où il y a commandement, il y a donc nécessairement un "ORDRE"!!!!
 
Ne pas obéir à ce commandement; c'est donc péché contre son créateur! Or, le péché n'est autre que la transgression de la loi! Mais quelle loi? La loi divine! Et lorsqu'on pèche contre son créateur, on est passible du jugement!
 
Bref; ce matin, j'ai eu envie de vous demander de vous souvenir que seul l'application de L'AMOUR DU PROCHAIN peut nous faciliter donc le VIVRE ENSEMBLE!
 
Tout commence par là! Lorsqu'on aime l'autre, on ne peut lui souhaiter du mal ni en vouloir à sa vie!
 
AIMONS NOUS LES UNS AUX AUTRES COMME NOS PROPRES CORPS!
Nous accomplirons la loi de CHRIST....
 
SI cette parole t'a fait du bien, partage-la auprès des autres! Et tu seras béni(e)!
 
 
FGD(Conseillère spirituelle)
@MMAFRICA WORLD TEAM

23/02/2018
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Témoignage: KANISHA La Miraculeuse qui communique de l'espoir à ceux qui en ont perdu!

Croire à l'impossible c'est une question de fermeté et de la détermination!

J'aimerai te dire à toi qui a perdu espoir à la vie, toi à qui les diagnostics des médecins ont mis fin à ta vie ou à ton rêve de concevoir, que le miracle existe! Le témoignage de cette jeune dame est un réconfort pour toi! Ne désespère Pas, tant que tu vis encore, il y a encore de l'espoir!

 

 

KANISHA ANTHONY LA MIRACULÉE ,

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Piégée à l'âge de quatre ans dans un incendie dans lequel elle a perdu deux de ses frères , Kanisha est une miraculée malgré qu'elle ait gardé à vie les terribles séquelles de ce jour : elle y a perdu quatre doigts, une oreille , ses cheveux et l'étendu de son corps brulé à 60 % .
 
À l'hôpital le corps médical lui avait annoncé qu'elle ne pourrait pas avoir d'enfant car les cicatrices de sa peau brulée  au  niveau du ventre   était tellement profondes que c'était impossible au ventre de s'étirer pour permettre le développement d'une éventuelle grossesse.
 
Malgré toutes ces épreuves , Kanisha âgée de 28 ans est mariée et mère de trois magnifiques enfants.
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Tout au long de ses grossesse elle a supporté d'intenses douleurs au ventre à chaque fois que La peau s'étirait mais pour elle ça en valait grandement la peine , le sourire de ses enfants méritait de se sacrifier.
 
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Elle a partagé son histoire pour donner de l'espoir à tous ces grands brulés et à toutes ces personnes qui traversent des moments difficiles .
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Toi aussi tu peux vivre le miracle de ta vie quelque soit les coups reçu de la vie, les déceptions amoureuses, la maladie qui t'amène doucement à la mort, l'exemple de cette dame te dit qu'il y a encore de l'espoir!
 
 
 
FGD
Conseillère spirituelle
Ammafrica world team

22/02/2018
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Famille: Pourquoi les couples africains ne sont pas romantiques?

POURQUOI LE PLUS GRAND NOMBRE DE COUPLES AFRICAINS NE SONT PAS ROMANTIQUES?

C'est plus qu'un désastre que nous vivons dans les couples africains! On se demande si le mot "tendresse" n'existe pas dans le dictionnaire des langues africaines ou alors c'est une question de chaque individu? En tout cas, pour notre observation, les causes sont multiplies!

 

Dans beaucoup de mariages, c’est juste pour dormir et se réveiller, élever les enfants et vieillir ensemble jusqu'à ce que la mort arrive.
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* Beaucoup de couples ne s'embrassent guère et ils ne se font que s'éteindre quand ils reçoivent de bonnes nouvelles.
 
* Le mari ne met la nourriture dans la bouche de sa femme que lorsqu'elle est malade et ne peut pas se nourrir toute seule.
 
* Si vous voyez un homme ouvrir la portière de la voiture pour sa femme, cela signifie que la portière est défectueuse.
 
Le seul moment où l'homme africain touche le cou de sa femme, c’est quand celle-ci se plaint de la fièvre. Il ne le touchera de nouveau qu'à la prochaine fièvre.
 
* La seule fois où il peut porter sa femme dans ses bras, c'est quand elle est en plein travail lors d’un accouchement.
 
* Si vous les voyez assis dehors la nuit, ne pensez pas qu'ils sont romantiques. Ils attendent que l'odeur de l'insecticide disparaisse.
 
* Beaucoup de femmes achètent des cadeaux pour leurs maris seulement lorsqu'ils sont hospitalisés.
 
* La seule fois où ils courent ensemble, c'est quand il y a du danger et que tout le monde court.
 
* La seule fois où ils se promènent en soirée, c'est quand ils veulent aller se plaindre auprès des parents de la personne qui a battu leur enfant ou a engrossé leur fille.
 
* Le seul moment où ils prennent ensemble un bain, c’est lorsque les deux sont en retard au travail.
 
* La seule fois où une femme regarde de près les yeux de son mari, c'est quand il se plaint qu’il y a poussière dans ses yeux.
 
Malheureusement, les Africains considèrent tout homme romantique comme étant contrôlé par sa femme. "Sa femme l’a placé dans une cage
 
IL EST TEMPS DE CHANGER
 
@Ammafrica World

22/02/2018
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USA:VIOLATION FLAGRANTE DES DROITS DE L'HOMME!

Les Congolais expulsés comme des animaux sauvages enchaînés: La RDC refuse ses enchaînés sur son territoire! Retour à l'expéditeur! Dit-on....

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Six congolais expulsés enchaînés et dans des conditions inhumaines des États-Unis renvoyés à l'expéditeur dans les mêmes conditions à partir de l'aéroport de N'djili. «Ces compatriotes sont arrivés menottés, enchainés aux chevilles et au niveau de hanches comme des esclaves avec deux citoyens zambiens», a dit la ministre des Droits Humains, ont même été obligés de porter des couches pour qu’ils ne puissent pas se lever pour aller aux toilettes.
 
Mme Mushobekwa est montée à bord de l’avion américain pour s’enquérir de la situation, en compagnie du responsable de la Direction générale de migration (DGM) qui a alerté les autorités congolaises. Les uns ont témoigné avoir passé 30heures de temps tandis que d’autres plus de 20heures dans ce Jet immatriculé « N 7176S », a précisé la ministre, qualifiant cette situation « d’inadmissible » pour le gouvernement congolais.  Même si ces derniers devraient être déportés par les autorités américaines, conformément à l’accord signé entre les gouvernements de deux pays, cela devrait se faire dans le respect de la dignité humaine, a souligné la ministre des Droits Humains.
 
« C’est pour cette raison que nous avons refusé d’accueillir ces Congolais et avons décidé de renvoyer l’avion qui est reparti avec ses passagers », a dit Mme Mushobekwa. @STEVE WEMBI
 

Regard de Ammafrica world:

 
Incroyable mais vrai! Un mépris de ce peuple dans le monde? ou un autre conflit qui ne dit son nom?. Sont-ils réellement des Congolais? et pourquoi les renvoyer si déjà la condition du retour viole la dignité humaine?. Ne seront-ils pas exécuté stratégiquement?. Que leur reproche-t-on pour être refoulé de la sorte?.
 
La RDC doit réellement se serrer les coudes car le lendemain risque d'être encore plus dur si elle ne se prépare pas en conséquence....
 
La redaction
 
AMMAFRICA WORLD

22/02/2018
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FLASH INFO: La Reprise de nos émissions hebdomadaires ce Mardi 13.02.18 à partir de 20H00

La Reprise de nos émissions hebdomadaires 

Nous signalons à nos auditeurs et auditrice la reprise de nos émissions dès ce Mardi 13 Février à partir de 20H00 (heure de Paris) sur votre espace Ammafrica World TV.

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THÈME PRINCIPAL:

" UN HOMME DE DIEU PEUT-IL FAIRE LA POLITIQUE"?.

 
RAISON: Nous n'arrivons plus à situer notre temps actuel vis-à-vis de l'Eglise du Seigneur! Beaucoup de serviteurs de Dieu ne se retrouvent plus! Une confusion qui règne autour du service de Dieu face aux enjeux politico-socio et économiques qui gangrènent notre continent africain! Face à cette crise spéciale touchant l'Afrique, des hommes de Dieu s'intéressent de plus en plus à la politique, d'autres ménageant les deux fonctions  (politique et l'Eglise), et d'autres s'indignent ou apportent des critiques négatives contre ceux qui se livrent dans une nouvelle carrière politique se disant vouloir aider sur le sujet.
 
Servir Dieu dans la politique en étant un pasteur? le sujet est devenu controversé!
C'est dans cette perspective que le studio Ammafrica vous livre cette première émission de l'année 2018.
 
ORATEUR PRINCIPAL:
Révérend Amos MUTU TSHIAMU
 
Vous êtes invité à participer pour contribuer à cet édifice sur un ÉVEIL de la conscience que nous militons dans notre espace médiatique!
 
Siteweb:
www.ammafricaworld.org
 
SKYPE:
Ammafricaworld
 
Merci à tous pour votre attention et si possible, votre participation!
 
QUE DIEU VOUS BÉNISSE!
 
 
Service Média 
Ammafrica world 
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12/02/2018
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RDC: La Fin d'une Aventure, alias John TSHIBANGU livrée à la justice Congolaise!

*JOHN TSHIBANGU DEVANT LA JUSTICE CONGOLAISE*: LA FIN D'UNE AVENTURE...

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Surnommé "One-man-show", l'homme a eu à habituer les réseaux sociaux de ces scénarios au goût insurrectionnel pour renverser le pouvoir en place par un coup d'État! Ce que nous n'en voulons plus dans le pays de LUMUMBA! Livré à la justice Congolaise, car se trouvant sur un terrain GLISSANT  (Tanzanie), Ammafrica interpelle la justice de lui réserver un jugement digne de son rang devant le tribunal "militaire" et ne point user d'extorsion ou lui transformer en une bête de champs dont on en voudrait dévorer tout cru!  L'homme n'est pas le seul à fuir à l'étranger! Il y en a ceux qui se cachent à l'etranger (Ouganda, Rwanda.. ). Que les voisins manifestent leur bonne fois selon les résolutions prises à Addis Abeba dans "l'accord-cadre" pour le bon voisinage dans les pays des grands Lacs! Nos regards se fixent sur la manière dont on jugera ce scénariste, et militaire de formation! RDC,  souvenez vous que même un prisonnier a droit à sa dignité humaine! La RDC, le monde vous regarde...
 
INFORMATION SUR SON ARRESTATION:
 
*John Tshibangu, ancien officier de l’armée ayant fait défection pour s’engager dans une rébellion, a été extradé à Kinshasa ce lundi février 2018 aux premières heures du matin. Il est gardé dans les locaux sécurisés des FARDC en attendant la procédure judiciaire à entamer à son encontre.*
 
*Cette extradition est le fruit d’une coopération judiciaire entre la RDC et la Tanzanie qui avait arrêté, une semaine plus tôt, le concerné lors d’un contrôle de routine à l’aéroport de Dar es Salaam. La fouille à laquelle il a été soumis a permis de découvrir sur lui passeport zambien au nom de Jordan Kabamba et un autre centrafricain au nom de Samuel Nguerefara.*
 
*De son vrai nom Dédé Mulamba, alias John Tshibangu devrait être poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment l’organisation d’un mouvement insurrectionnel en vue de renverser le pouvoir légalement établi. En effet, après avoir fui l’armée au motif d’exiger la vérité des urnes après les élections de 2011, l’intéressé a monté un mouvement armé, le Front du peuple pour le changement et la démocratie (FPCD) pour ses menées insurrectionnelles. Très récemment, soit e 18 janvier 2018, il a diffusé une vidéo de son supposé maquis dans laquelle il donnait au Président Kabila 45 jours pour quitter le pouvoir, sans quoi il allait lancer l’assaut pour le renverser.*
 
*Commandant adjoint et Chef d’état-major de la 4ième Région militaire à Kananga avant sa désertion, alias John Tshibangu traine une réputation sulfureuse au sein de la diaspora congolaise par ses pratiques d’arnaque sous prétexte de lever les fonds pour sa lutte armée. John Tshibangu, qui s’est bombardé le grade de Lieutenant Général, écume aussi des pays comme la Centrafrique, le Sud Soudan, la Zambie, la Tanzanie, l’Ouganda ou le Kenya où il s’adonne au faux monnayage et au trafic des minerais. Il entretient également une bande de mercenaires dont certains de ses lieutenants ont été récemment arrêtés en République centrafricaine, tandis que lui-même était activement recherché dans ce même pays pour association avec des mouvements rebelles locaux.*
 
*Ainsi prend fin aussi la cavale de six années, mais aussi une aventure militariste qui n’avait pas d’avenir dans le nouveau contexte de la coopération régionale qui s’est déployée comme un filet autour de ce personnage passant plus comme un desperado.
 
D’ailleurs, Kinshasa avait déjà lancé un avis de recherche auprès du gouvernement centrafricain sur le même cas de John Tshibangu sur qui pesaient des soupçons de connivence avec l’ex-Seleka, un groupe rebelle de Centrafrique, ainsi que d’autres groupuscules sud-soudanais. Certains de ses lieutenants avaient été arrêtés en Centrafrique pour les mêmes raisons avant que l’un ne s’évade!
 
VIDÉO DISCOURS ALIAS JOHN TSHIBANGU:
 
La Rédaction
AMMAFRICA WORLD

06/02/2018
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NEWS: Du nouveau pour Brussels Airlines, voyages réduits et l'Allemagne prend le commande

Du nouveau avec Brussels Airlines:Une Allemande aux manettes de Brussels Airlines

 

 

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Quinze mois après son arrivée chez Brussels Airlines en tant que responsable commerciale, Christina Foerster (46 ans) prend les commandes de la compagnie aérienne comme CEO. Elle remplace Bernard Gustin licencié ce lundi.

 

Une nouvelle ère s’ouvre pour la compagnie aérienne belge Brussels Airlines. Lufthansa, la maison-mère a décidé de confier les commandes du transporteur aérien à l’Allemande Christina Foerster (46 ans). C’est elle qui va remplacer Bernard Gustin dès le 1er avril prochain. Celui-ci s’est vu signifier son bon de sortie lundi par Lufthansa, après avoir dirigé la compagnie aérienne pendant près de 10 ans. La nouvelle patronne de Brussels Airlines n’est pas une inconnue pour les équipes.

 

"C’est un manager professionnel avec une grande ouverture d’esprit (...). Elle nous sera d’un grand soutien pour renforcer notre compétitivité", disait d’elle à l’époque Bernard Gustin.

 

Elle a rejoint le comité de direction de Brussels Airlines le 1er octobre 2016 en tant que responsable commerciale de la compagnie aérienne, en provenance de Cologne, où elle était vice-présidente du groupe aérien allemand en charge notamment du réseau. "C’est un manager professionnel avec une grande ouverture d’esprit et une vaste expérience dans le secteur du transport aérien et du tourisme. Avec ses capacités analytiques et son expérience internationale, elle nous sera d’un grand soutien pour renforcer notre compétitivité au sein d’un marché extrêmement complexe", disait d’elle à l’époque Bernard Gustin.

 

Après son diplôme d’administration des affaires à la Warton School (Université de Pennsylvanie), Christina Foerster a démarré sa carrière en 1999 comme consultante chez Boston consulting group. C’est en octobre 2002 qu’elle monte à bord de Lufthansa comme "corporate strategy manager". En 2005, elle devient responsable du développement des produits à bord des long-courriers. En 2011, elle prend en charge la responsabilité du développement stratégique de la flotte du groupe Lufthansa. En janvier 2016, elle est nommée responsable du processus "network & partner management" pour Lufthansa et ses filiales Swiss et Austrian. @LECHO.BE

 

La RDC réduit le nombre de voyages pour Brussels Airlines

 

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La redaction

AMMAFRICA WORLD


06/02/2018
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RDC Face à sa lutte pour l'indépendance: Tony BUSSELEN brosse le bilan de Joseph Kabila!

République Démocratique du Congo:La lutte pour l’indépendance

 

Quel bilan pour les 16 ans de pouvoir de Joseph Kabila à la tête de la République démocratique du Congo ? Où en est la gauche dans ce pays si riche et si pauvre en même temps? Le nouveau calendrier électoral déjà contesté peut-il être respecté ? Quel rôle jouent les Etats-Unis et l’Union européenne en coulisse ? Dans cette interview, Tony Busselen* qui suit de près les évènements en RDC apporte des réponses éclairées à ces interrogations et à bien d’autres. (Entretien réalisé le 29 décembre 2017)

 

Quelle est la situation actuelle en RDC et que peut-on attendre pour l’année 2018?

 

Ces dernières années ont été tumultueuses en RDC. La vie politique tournait autour des élections postposées et l’on accuse le président Kabila de s’accrocher au pouvoir. En 2016, presque tous les observateurs lançaient des prédictions alarmantes. La jeunesse congolaise était en colère et se trouvait sur le point de chasser Kabila. L’année 2017 a été dominée par les discussions autour de l’application du fameux Accord de la Saint-Sylvestre et sur la question de savoir si, en cas de transition, elle se fera avec ou sans Kabila.

Il est très difficile de prévoir comment la situation évoluera au Congo. Actuellement, le pays vit en permanence dans l’attente d’un évènement qui pourrait faire basculer la situation dans des sens totalement opposés. La semaine passée, la loi électorale a été promulguée ainsi que le budget. Autant d’évènements qui rendent le processus électoral actuel plus probable. Le dimanche 31 décembre, à l’appel du Comité laïc de coordination, une grande manifestation a été organisée à Kinshasa pour demander une renégociation du calendrier électoral. L’opposition radicale, mais aussi le parti de Vital Kamerhe, se sont joints à cet appel. Kamerhe est à califourchon entre l’opposition qui a accepté l’exécution de l’Accord de 31 décembre 2016 l’opposition radicale. Constituée de Moïse Katumbi, Felix Tshisekedi et le G7, cette dernière accuse Kabila d’avoir trahi le même Accord.

 

En analysant l’évolution des événements, on constate deux grandes tendances :

 

Primo, l’opposition radicale formée d’abord en décembre 2015 à l’île de Gorée et ensuite en juin 2016 à Genval en Belgique, a perdu nombre de membres et beaucoup de sa crédibilité. Un mois après la signature de l’Accord de la Saint-Sylvestre, Etienne Tshisekedi, figure de proue de ce groupe est décédé. En avril 2016, une partie importante de cette opposition radicale a signé un arrangement particulier pour la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre. C’est d’ailleurs cet arrangement qui forme la base du gouvernement actuel.

 

Le noyau dur de l’opposition radicale se concentre autour de Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur richissime du Katanga, de Felix Tshisekedi, le fils de l’autre et de Pierre Lumbi du G7 (groupe des sept partis qui avaient quitté la Majorité présidentielle en septembre 2015). Quand on regarde bien, ce va-et-vient dans l’opposition s’est déroulé en deux années et demie. En outre, les négociations et les disputes autour de l’exécution de l’Accord de la Saint Sylvestre donnent l’impression que l’opposition radicale est plus intéressée par les postes que par les élections. Certains commentateurs disent que beaucoup d’opposants n’ont pas des moyens financiers pour constituer leurs dossiers de candidature et battre campagne. Ce serait la raison pour laquelle ils veulent une nouvelle transition qui leur permettra d’avoir des postes ministériels et ensuite se faire de l’argent pour battre campagne.

 

Tout cela ne donne pas beaucoup de crédibilité aux hommes politiques et on peut dire que la population est déçue de la classe politique en général, y compris l’opposition. Même l’Eglise catholique, qui s’est mise dès le début, bien que d’une façon hésitante du côté de l’opposition, lance des appels à l’action appuyés par l’opposition radicale. Mais elle semble en même temps fort divisée.

 

Secundo : Il y a plusieurs étapes précises dans la préparation des élections qui se sont concrétisées ou sont en train de l’être. La clôture de l’enrôlement des électeurs est prévue pour mi-janvier. Le calendrier électoral a été publié, prévoyant les dates des différentes élections. La présidentielle est prévue pour le 23 décembre 2018.

 

A moins d’un revirement spectaculaire, tout indique que l’opposition radicale risque de se trouver devant un choix difficile : participer aux élections sans avoir une garantie de pouvoir les gagner ou appeler au boycott avec le risque de se retrouver marginalisée pour quelques années, comme cela a été le cas de l’UDPS après son boycott des élections en 2006. Mais, comme je disais au début, il est très difficile de prévoir le futur au Congo.

 

Quel rôle jouent les Etats-Unis et l’Union européenne sur la scène congolaise?

 

La soi-disant communauté internationale, c’est-à-dire les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne veulent en finir avec Kabila depuis dix ans. Mais ils hésitent entre deux positions. D’une part, ils sont tentés de lâcher l’opposition radicale, qu’ils ont appuyée et encouragée depuis l’île de Gorée, et de composer avec le processus électoral afin d’essayer de l’influencer au maximum. D’autre part, ils pourraient continuer avec la politique de rupture et de sanctions envers le gouvernement congolais.

 

Fin octobre dernier, Nikki Haley, ambassadrice américaine auprès du Conseil de sécurité de l’ONU était en visite en RDC. Elle a dit clairement à l’opposition radicale qu’une transition sans Kabila n’était pas réaliste. Ensuite lors de son discours à l’ouverture de l’ambassade belge, Reynders a dit, je cite : « Il ne nous appartient pas de faire des choix au Congo. Nous ne soutenons aucun mouvement politique en République démocratique du Congo. Ou, plutôt, nous les soutenons tous. » C’est assez paternaliste mais c’est surtout un pas en arrière car, début avril 2016, le même Reynders avait désapprouvé le choix de Bruno Tshibala comme Premier ministre. A ses yeux, la nomination de M. Tshibala était une violation de l’esprit de l’Accord de la Saint Sylvestre. Ce qui est clairement une prise de position en faveur de l’opposition radicale. D’ailleurs on peut prendre toutes les déclarations de M. Reynders ou de l’Union européenne de ces dernières années. On y trouvera à chaque fois des condamnations et des critiques envers le gouvernement congolais. Mais jamais la moindre critique de l’opposition. Donc, il y a là un léger recul implicite de position.

 

Depuis quelques temps, l’ingérence extérieure des Occidentaux dans la vie politique congolaise reste définie en fonction de l’évolution des rapports de forces à l’intérieur et pas l’inverse. C’est le prolongement des circonstances dans lesquelles l’Accord de la Saint-Sylvestre a été négocié et signé. C’est-à-dire entre Congolais, sans la présence directe de diplomates ou d’accompagnateurs étasuniens et européens.

 

Cela peut changer, c’est-à-dire que les Etats-Unis et/ou l’Union européenne peuvent de nouveau opter pour une intervention musclée, par exemple en cas de morts lors des manifestations. En effet, le ministre belge pour la coopération, Alexander De Croo a suggéré dans une interview en septembre qu’il fallait que la communauté internationale prenne les choses en main (en néerlandais il disait « de boelovernemen »). Mais il avouait en même temps que la Belgique se trouvait bien seule quand elle plaidait dans les cénacles de l’Union européenne et ailleurs pour une action plus dure contre Kabila.

 

Des revirements soudains sont donc toujours possibles aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la RDC. Mais on peut dire que la probabilité d’organiser les élections augmente progressivement.

 

L’arrivée de Trump au pouvoir a-t-il changé quelque chose dans les relations entre les USA et la RDC?

 

Je ne le crois pas. L’élection de Trump est le résultat d’une crise profonde dans laquelle se trouve la bourgeoisie étasunienne. Depuis les années 1970, les Etats-Unis visaient le contrôle de ce qu’ils appellent l’Eurasie, le plus grand continent qui n’est pas séparé par l’eau. Avec la chute de l’Union soviétique en 1991, ils avaient pensé avoir gagné. C’est Kissinger lui-même qui disait en 1999, je cite : « Ce qu’on appelle globalisation est en réalité un autre nom pour désigner le rôle dominant des Etats-Unis ».

 

Or les peuples ont continué à résister à cette domination. Et avec l’évolution des pays émergents et la formation des BRICS, les choses se déroulent depuis une dizaine d’années dans le sens opposé. Poutine s’est rallié à la Chine et l’Eurasie échappe de plus en plus au contrôle des Etats-Unis. La toute-puissance de ceux-ci devient de moins en moins évidente. On peut dire que la guerre de Libye en 2011 a été la dernière d’une longue série d’interventions et d’ingérence depuis la chute du mur de Berlin où les Occidentaux avaient facilement la supériorité.Sans leur domination, les Etats-Unis se trouveront seuls devant une dette colossale et une colère grandissante dans leur pays. Mettre fin à ce déclin est donc une question de vie ou de mort pour la grande bourgeoisie étasunienne.

 

A la recherche d’une réplique à cette situation, la tension monte au sein de cette bourgeoisie. Mais dans le fond, la différence entre Trump et Obama/Clinton est à chercher au niveau du style et d’approche plutôt que sur le fond. Concernant le but stratégique qui est le maintien de la domination mondiale, il n’y a pas de discussion. Trump est surtout plus imprévisible qu’Obama. Il dit une chose et fait son contraire. Il a dit qu’il s’opposait aux guerres ; mais il a augmenté le budget de défense de 10%, un record dans l’histoire de l’humanité. Un jour, il dit qu’il veut parler avec le président de la Corée du Nord et le lendemain, il le menace d’un feu et d’une violence inouïe. En outre, Trump n’hésite pas à employer la démagogie d’extrême droite, le racisme et l’obscurantisme. Bref, le monde devient plus dangereux.

 

Ce que cela signifie pour la RDC, on l’a vu lors de la visite de Nikki Haley fin octobre. Tout le monde s’attendait à ce que Haley mette en place un ultimatum dur en accord avec l’attitude agressive anti-Kabila des Etats-Unis. Contre toute attente, après avoir caressé quelques têtes d’enfants, Mme Haley constatait que « chaque jour que les élections sont reportées est égal au viol d’une femme et au recrutement d’un enfant dans un groupe armé ». Mais surtout, Haley rejeta la demande d’une transition sans Kabila, à la grande déception de l’opposition radicale.

 

Herman Cohen, autorité américaine en matière de Congo, expliquait cette position : « Il aurait été ridicule et contreproductif pour l’ambassadeur Haley de déclarer: ‘’Kabila doit partir au plus tard le 31 décembre 2017’’. Les Etats-Unis auraient perdu toute capacité d’influencer le régime de Kabila. En outre, les États-Unis auraient perdu toute capacité de protéger leurs intérêts politiques et économiques en RDC ».

 

Et l’expert proche du gouvernement étasunien, Jason Stearns, a expliqué à sur les ondes de RFI  ce qui suit: « J’ai parlé avec un diplomate occidental de haut niveau récemment. Il m’a dit : même si on a une alternance au sommet de l’Etat, le président Kabila a un successeur qu’il nomme lui-même, et s’il truque les élections en sa faveur, ça pour nous, c’est du succès !».

 

Autrement dit, les pragmatiques étasuniens ont fait leur compte. Tous leurs ultimatums, leurs sanctions et leur soutien à l’opposition radicale qui devait chasser Kabila à travers la rue n’ont pas connu le succès. Finalement, par pur opportunisme c’est- à-dire en fonction des intérêts politiques et économiques américains, ils reculent et acceptent des élections à condition que Kabila soit remplacé. C’est un recul temporaire. Si demain, l’un ou l’autre événement leur donne l’occasion de retourner vers le bâton, ils n’hésiteront pas. Si le successeur de Kabila ose mettre la souveraineté de la RDC et les intérêts du peuple congolais au-dessus des intérêts politiques et économiques américains, Washington haussera le ton.

 

Le Président Kabila ne pourra plus se représenter pour un troisième mandat. Que retenez-vous des 16 ans durant lesquels il a été au pouvoir?

 

Je me pose beaucoup de questions à propos de Kabila. Ne fait-il pas parfois trop de concessions aux Etats-Unis et à l’Union européenne ? Ne devrait-il pas communiquer davantage ? Ne prend-il pas trop de temps avant de trancher des questions importantes ? Comment se fait-il que les résultats de la lutte contre la corruption se font si longtemps attendre ? On peut aussi constater que certains projets de prestige ne marchent pas comme prévus ou qu’ils traînent ; comme le parc agro-industriel de Bukanga Longo et le câble en fibre optique.

La grande majorité du peuple voit trop peu de changements dans sa vie quotidienne et l’opposition surfe sur ce mécontentement.

 

Mais je m’oppose à un jugement unilatéral. Un ami, expert du Congo, résume le jugement sur Kabila avec une boutade : « Si en 16 ans le Président Kabila n’a pas pu améliorer le sort des simples Congolais, c’est qu’il ne le veut pas ou qu’il ne le peut pas ». Ben, non ! Je ne suis pas d’accord avec lui. Quand on connaît la complexité dans laquelle la RDC a évolué ces 16 dernières années, je trouve cela un peu court. Il faut au moins se poser la question suivante : où est-ce que le peuple congolais se trouverait-il sans Kabila ? Il faut aussi prendre en compte tous les problèmes auxquels le pays a été confronté. Ces problèmes se situent à trois niveaux.

 

D’abord, la RDC est un pays stratégiquement très important, aussi bien pour sa position géostratégique au centre de l’Afrique que pour ses énormes richesses. Le contrôle sur ce pays est une question cruciale pour les Etats-Unis et l’Union européenne. Ils veulent garder le Congo comme pourvoyeur de matières premières bon marché et dans un état de dépendance. On ne peut pas juger ce qui se passe en RDC sans en tenir compte. On ne peut pas faire comme si ce pays était une île qui vivrait en autarcie.

 

Ensuite, c’est un énorme pays avec beaucoup de régions isolées, beaucoup de communautés ethniques, sans infrastructures. Un pays qui sort d’une dictature de 36 ans. De surcroît, ces années de dictature ont été suivies par une guerre de 5 ans qui a déchiré ce pays déjà ruiné.

 

Enfin, on constate que sur cette base économique et la lourde histoire du pays, il existe de nombreuses forces centrifuges et négatives qui rendent difficile la consolidation de la paix et la construction d’un Etat de droit.

 

Tenant compte de ces trois problèmes, les résultats de la gouvernance du président Kabila sont modestes mais ils existent et ils forment la base pour un futur plus glorieux. Kabila a obtenu la paix et il a réunifié le pays après 5 ans de guerre. Il a ensuite fait échouer plusieurs grandes tentatives de relancer la guerre et de mettre le pays à feu et à sang. La dernière d’entre elles date de 2013. Les différentes vagues de violence qui ont surgi ces dernières années, y compris les exactions au Kasaï, n’ont pas réussi à mettre le pays en lambeaux. Il existe une armée qui, malgré tous les problèmes, évolue vers une certaine cohérence et une meilleure performance. L’ONU a reconnu que cette armée n’employait plus d’enfants-soldats. En outre, elle a admis que les violences sexuelles avaient diminué de 50 %.

 

Au plan économique, il y a eu une croissance et un contrôle de l’inflation que le pays n’a jamais connu depuis son indépendance jusqu’en 2014, quand la chute des cours des matières premières a frappé. Il est vrai que durant la première moitié de 2017, il y a eu une inflation de 45%, ce qui pose des problèmes pour les familles congolaises. Mais les comparaisons que l’on peut lire partout avec l’inflation de la fin de l’ère Mobutu, où on avait atteint 2000%, sont très exagérées. En plus, depuis septembre, le taux de change s’est à nouveau stabilisé.

 

En 2001, le budget de l’Etat était de 500 millions de dollars. Ce qui n’est absolument rien pour un pays pareil. Aujourd’hui le budget tourne autour de 5 milliards, ce qui n’est encore rien mais qui est au moins dix fois plus qu’en 2001. Il a réussi à faire démarrer la production dans le secteur minier. Elle commence petit à petit à rapporter des recettes à l’Etat. Il est vrai que les constructions d’infrastructures (routes et autres), ne sont toujours que des gouttes d’eau dans la mer. Ce qui est certain qu’il y a eu plus de constructions durant les 16 ans de pouvoir de Kabila que pendant les trente-six années de la dictature de Mobutu.

 

En général, on peut constater que Kabila essaye de suivre la voie de la construction d’un Etat et d’une économie nationale forte. Mais, jusqu’à présent, le mouvement kabiliste ne réussit pas à mobiliser le peuple comme acteur de son propre futur. C’est pourquoi, il n’y a pas encore eu un changement qualitatif durable et plus solide.

 

L’année dernière, plusieurs rapports ont été publiés sur les richesses de la famille Kabila. Comment voyez-vous cela en tant que marxiste ?

 

Avant de répondre sur le fond, je fais remarquer que ces rapports ne sont pas écrits par des marxistes ou des gens qui veulent le socialisme en RDC. Selon le site du magazine Forbes, Michael Bloomberg, propriétaire de l’agence de presse Bloomberg qui a lancé le premier rapport sur les richesses de Kabila a vu sa fortune passer de 40 milliards en 2016 $ à 47,5 milliards$ en 2017.

 

Il est donc clair que ces rapports sont rédigés avec le but de faire spéculer les gens sur les richesses de Kabila et de le nuire politiquement. Le rapport de Congoresearchgroup, par exemple, tient sur 30 pages. Curieusement, il consacre seulement une page et demie à la question: “Ces richesses sont-elles légales?”. Les rédacteurs commencent par : « Il n’y a rien de mal ou d’illégal en soi que des membres de la famille d’un président ou des députés possèdent des entreprises, investissent et accumulent des richesses. Cependant, il existe plusieurs lois au Congo qui contrôlent l’activité commerciale ». Suit alors une série de citations de lois suivies par des spéculations comme quoi, « il n’est pas certain que les députés Zoé Kabila et Jaynet Kabila aient déclaré leurs biens ». « L’Observatoire du Code d’Ethique professionnelle semble ne pas examiner les déclarations annuelles des biens des fonctionnaires, membres du parlement et chef d’Etat ». Il n’y a que deux faits durs qui sont mentionnés : « Selon le Code minier, une personne et ses sociétés ne peuvent détenir plus de 50 permis de prospection. Kwango Mines, à elle seule, en possède 53. Kwango est contrôlée par Excel Holding qui est elle-même dirigée par Jaynet Kabila ». Et deux, « le fait que la Garde présidentielle soit employée pour protéger des sociétés ou mines appartenant à la famille présidentielle ». Naturellement, il faudrait clarifier ces faits et y remédier s’ils sont avérés.

 

Revenons au fond de la question. Je me souviens que dans une interview en 2006, à la question « qu’allez-vous faire si vous perdez les élections ? », Kabila avait répondu : « respecter les résultats des élections, et je peux toujours me lancer dans les affaires pour servir mon pays ». Il est clair que Kabila n’est pas un marxiste. Mais l’idée que « pour faire avancer économiquement un pays pauvre et ruiné comme la RDC il faut des hommes d’affaires » est parfaitement acceptable du point de vue du marxisme.

 

Dans ses premières thèses sur la question coloniale, Lénine écrivait déjà en 1920 qu’il fallait faire une distinction entre les nations opprimées et les nations opprimantes. Dans les colonies, les communistes devraient conclure une alliance avec la démocratie bourgeoise des colonies en sauvegardant leur indépendance, disait-il. Lors du développement du mouvement marxiste dans les anciennes colonies, dans des pays comme la Chine, le Vietnam et ailleurs, les marxistes ont toujours distingué la bourgeoisie nationale de la bourgeoisie compradore. Mao disait sur cette dernière qu’elle « sert directement les impérialistes étrangers, qui, en retour soutiennent et entretiennent cette classe ». La bourgeoisie nationale, par contre, est «opprimée par l’impérialisme et limitée dans son expansion par les éléments féodaux. En ce sens, elle constitue une partie des forces révolutionnaires », ajoutait-il.

 

 A travers l’histoire de la Chine, du début du 20ème siècle jusqu’aujourd’hui, cette bourgeoisie nationale a joué des rôles différents selon les différentes étapes. Avant et même au début de l’existence du Parti communiste chinois, c’est Sun Yat Sen, un important représentant de la bourgeoisie nationale qui dirigeait la lutte contre l’impérialisme. C’était un homme progressiste et un démocrate. Au courant des années 1920 et 1930, une grande partie des jeunes issus de cette bourgeoisie nationale rejoint le Parti communiste pour y devenir des cadres. Pendant 3 décennies, les communistes chinois ont jeté les bases d’une économie vraiment indépendante de l’impérialisme et au service du marché intérieur. Depuis 1978, la bourgeoisie nationale a de nouveau été mise à contribution pour faire avancer les forces productives et aller vers un pays socialiste et moderne en 2050.

 

Tout cela est naturellement beaucoup plus compliqué. Il y a eu dans les différentes périodes plusieurs expériences négatives et positives qui sont débattues sérieusement au sein du Parti communiste chinois et entre marxistes. Et il est vrai que cette bourgeoisie nationale n’a nulle part dans le monde pu obtenir une indépendance durable en se basant uniquement sur ses propres forces. Mais ce que je veux dire c’est que la bourgeoisie nationale est une notion existante et importante pour les marxistes quand on parle du Tiers Monde.

 

La bourgeoisie nationale remplit le vide en Afrique et joue aujourd’hui un rôle progressiste. Un rôle souvent discutable à plusieurs égards, mais important dans la lutte pour l’indépendance et le progrès.

 

Prenons la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), à laquelle appartiennent des pays comme l’Afrique du Sud, l’Angola, la RDC, le Zimbabwe, la Namibie et la Tanzanie. Cette SADC est en Afrique l’une des organisations régionales qui se bat le plus pour l’indépendance. Si le Commandement des USA pour l’Afrique (Africom) n’a pas encore pu installer son quartier général en Afrique, c’est surtout grâce à la résistance de la SADC. Il y a une logique puisque ces pays ont été les derniers à obtenir des victoires dans la lutte anticoloniale souvent armée.

 

Il est vrai que la lutte politique à l’intérieur de cette bourgeoisie nationale est souvent compliquée. La souveraineté et l’indépendance vis-à-vis de l’impérialisme qu’ils défendent n’atteint jamais le niveau des pays socialistes comme Cuba, la Chine et le Vietnam. Et les marxistes ne peuvent donc jamais s’identifier à cette bourgeoisie nationale. Il suffit de suivre les sagas autour de la famille Dos Santos, de Mugabe ou de Zuma.

 

Mais en même temps, je crois qu’il serait faux de partir de ces histoires pour mettre la bourgeoisie nationale dans le même sac que la bourgeoisie compradore. Ce n’est que l’impérialisme qui en profite et celui-ci n’hésite d’ailleurs pas à présenter tous les dirigeants africains sans distinction comme les vrais ennemis à renverser. Pendant ce temps, il peut continuer de piller et de contrôler la situation au niveau géostratégique et à faire en sorte que pour les peuples, rien ne change fondamentalement.

 

Sur beaucoup de sites et de médias, on constate énormément d’acharnement et de haine contre la personne de Kabila. D’où vient cette haine selon vous ?

 

La première raison est naturellement la misère et les frustrations que vivent les Congolais. Les jeunes ne voient pas de perspectives. Il n’y a pas de travail. Ces sentiments sont renforcés par le fait qu’une bonne frange de la population est confrontée à deux mondes différents. La réalité en Europe et celle au Congo sont tellement différentes. Il y a la diaspora qui, en majorité voudrait bien retourner au pays, mais qui est effrayée et frustrée par le manque de perspectives qu’elle y voit. Il y a beaucoup d’Occidentaux qui ont le cœur à la bonne place et sont en colère lorsqu’ils voyagent entre les deux mondes. Sans oublier Internet et les médias sociaux qui présentent le confort des Européens aux jeunes congolais qui vivent au pays dans la misère, le chômage…

 

Pourtant, ces deux réalités ne sont que les deux faces du même système : une économie globale dont les germes remontent au développement du capitalisme vers le 18ème siècle. Un système qui a vraiment commencé à se répandre sur le monde entier avec la colonisation et qui jusqu’aujourd’hui n’a fait qu’augmenter l’exploitation.

Nous vivons dans un monde où 8 individus possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Et cette évolution ne s’arrête pas, au contraire. En 2016 ces huit premiers milliardaires du monde avaient ensemble une fortune de 426 milliards $. En 2017 c’était déjà 10% de plus : 468,4 milliards $. Comment peut-on penser qu’un tel système n’a rien à voir avec la réalité au Congo ?

 

Faute d’une conscience presque totale de cela, on regarde vers celui qui se trouve à la tête de l’Etat et on dit : « c’est lui qui incarne le mal et on doit le chasser ». Dans l’article sur les vrais pilleurs de l’Afrique et du Congo (confère Le Journal de l’Afrique, N°39, janvier 2018), j’explique qu’il faut déconstruire le mythe des dirigeants africains qui seraient les nouveaux colonisateurs de l’Afrique et du Congo.

Dans le meilleur des cas, cette conscience anticoloniale existe pour le passé. J’ai des amis qui peuvent s’enflammer contre les injustices commises par l’Etat belge sous la colonisation. Mais, malgré le fait que cet Etat refuse jusqu’aujourd’hui de reconnaître les crimes qu’il a commis dans le passé, ces amis ont une confiance presqu’aveugle dans ce même Etat belge à qui ils demandent de prendre des sanctions contre les dirigeants congolais au nom des droits de l’homme.Or ces sanctions, s’ils sont pris, le sont seulement en fonction de l’intérêt du grand capital belge et européen.

Alors, il y a les vrais puissants et leurs propagandistes qui ne savent qu’une chose : défendre leur domination mondiale sinon ils périront. D’une façon de plus en plus arbitraire, ils distribuent les bons et les mauvais points selon l’obéissance des dirigeants locaux. L’Arabie Saoudite, Israël, le Rwanda sont les bons élèves. A contrario, les dirigeants qui refusent de jouer le jeu sont diabolisés. Là il faut l’alternance. Et comme des vendeurs d’illusions, ils trouvent des grands schémas où ils promettent de « tout changer pour en fait ne rien changer du tout ». Et ils vendent cela comme des révolutions, comme en Tunisie, en Libye ou au Burkina Faso. Or quelques années plus tard, on se rend compte que les peuples vivent dans des conditions pires qu’avant.

 

Au Congo, l’impérialisme et ses relais s’appuient sur une bourgeoisie compradore qui a grandi sous la dictature mobutiste et rêve du retour à la relation privilégiée avec les Etats-Unis et l’Union Européenne de cette époque. La tactique est assez simple : tout ce qui vient de Kabila cache des mauvaises intentions et est donc inacceptable. Alors les parrains à Washington, Bruxelles et Paris n’ont qu’à exiger de Kabila « une solution de consensus et de réconciliation ». Ainsi, cette bourgeoisie compradore se sent en permanence appuyée par l’extérieur et on ne laisse à Kabila que la capitulation totale. C’est à ce jeu que l’on joue depuis 2008.

 

La combinaison de tous ces aspects mène à une atmosphère populiste où aucune discussion politique sereine n’est possible. Tout est réduit à des attaques personnelles, des procès d’intentions. Et dans cette atmosphère, tout peut être dit, même par des gens sérieux. Des casques bleus sont tués en Ituri ? C’est Kabila qui y aurait tout intérêt pour que les élections traînent. La fortune de Kabila? 18 milliards $ !, comme commentaire sur le rapport de Bloomberg qui parle pourtant des sociétés qui ont rapporté à la famille de Kabila, je cite : « probablement quelques centaines de millions de $ »

 

Alors, on voit la colère des jeunes à l’horizon avec comme issue non pas un programme politique qui peut répondre aux problèmes de la jeunesse, mais …une grande explosion qui fera partir Kabila. Et l’alternative reste une alliance de l’opposition. Si cela ne marche pas, on espère que la CENCO fera le boulot. Si cela ne va pas toujours, ce sera l’Angola. Ensuite, on dit que ce sont les Congolais qui vont se réapproprier leur pays. Et enfin, comme on l’a d’ailleurs vu le 31 décembre dernier, on compte sur un Comité de laïcs pour organiser la grande marche qui fera enfin partir Kabila.

 

Le danger est que dans une telle atmosphère populiste, la droite vienne au pouvoir sans élections tandis que beaucoup de gens à la base de ce mouvement veulent se battre pour plus de démocratie et de bien-être pour la population ; ce qui n’a été réalisé nulle part au monde par la droite.

 

Comment se porte la gauche congolaise ?

 

Il faut déjà chercher à savoir ce que signifie la « gauche » dans la politique congolaise. Apparemment, il y a une certaine sensibilité pour des idées de gauche à la base de l’opposition radicale. On peut par exemple entendre un discours du docteur Mukwege, connu pour son travail avec les femmes victimes de violences sexuelles, sur le mur Facebook du mouvement citoyen Deboutcongolaisabcde. Il y dit qu’ « il faut en finir avec l’exploitation de l’homme par l’homme ». Il reprend ainsi le slogan des communistes. Et il dénonce une classe de Congolais qui vivent dans l’extravagance, avec des jets privés, des villas à la Côte d’Azur, etc.

Les deux partis grands politiques : l’UDPS et le PPRD, sont membres de l’Internationale socialiste. Mova Sakanyi, le secrétaire général du parti présidentiel, le PPRD, vient d’écrire un livre dans lequel il explique l’idéologie du PPRD : « Ubuntu ».« Ubuntu c’est l’expression africaine de la social-démocratie » dit-il. Ailleurs en Afrique, des mouvements comme le MPLA angolais ou l’ANC sud-africain sont aussi membres de l’Internationale Socialiste.

 

En Europe, la social-démocratie est selon Lénine, l’idéologie de l’aristocratie ouvrière, des dirigeants du mouvement ouvrier, qui, achetée avec les richesses pillées aux colonies, s’est intégrée dans les élites des pays capitalistes. Il est en effet important de noter que les grands idéologues de la social-démocratie européenne tels que l’allemand Bernstein et le belge Vandervelde défendaient la colonisation au début des années 1900. Vandervelde a même menacé de démissionner pour que son parti puisse accepter sa position sur la nécessité des colonies.

 

En Afrique, la social-démocratie est parfois l’idéologie de la bourgeoisie nationale et de la petite-bourgeoise qui combattent justement le colonialisme et le néocolonialisme ; mais qui, sous influence de la chute de l’Union soviétique ont tourné le dos au marxisme. « L’expression africaine de la social-démocratie », dont parle Mova Sakanyi est donc fondamentalement différente de la social-démocratie européenne. Pour le PPRD, Ubuntu trouve ses racines dans le mouvement anticolonial et pour la défense de la souveraineté des anciennes colonies.  Jean-Pierre Kambila, personnalité importante dans le PPRD, l’a défini comme, je cite « la philosophie du refus de soumettre l’autre au travail pour ses propres intérêts égoïstes et, d’autre part, la reconnaissance que le pouvoir en lui-même n’existe et ne tire sa légitimité qu’à travers ceux qui sont dirigés».

 

Dans des mouvements qui se disent sociaux-démocrates comme le MPLA et l’ANC, on n’a pas de problèmes à collaborer intensivement avec des marxistes. Du côté sud-africain, le parti Communiste est même l’un des trois piliers de l’ANC. Ce n’est pas étonnant puisque les marxistes ont toujours combattu et dénoncé la colonisation comme un crime contre l’humanité. Et ce sont les communistes qui ont réussi à conquérir une indépendance durable et consolidée, comme en Chine, au Vietnam et à Cuba, pays hautement estimés et respectés dans les mouvements comme l’ANC, le MPLA et le PPRD.

 

Ensuite, il y a le PALU, qui défend un nationalisme lumumbiste de gauche. Lugi Gizenga, l’actuel secrétaire permanent de cette formation politique se fait remarquer par ses tweets et ses remarques sur Facebook qui sont assez à gauche. Je viens d’en voir encore un toute à l’heure : « Nous n’avons plus rien à gagner avec le capitalisme dégradant au Congo, les autres avancent avec le socialisme en Afrique ; le Congo avec le capitalisme recule ».

 

Il y a le CCU, parti du ministre de l’information, Lambert Mende. Le CCU est un parti Lumumbiste qui se fait remarquer avec des déclarations anti-impérialistes. Il y a aussi le, Parti du travail (PT) de Steve Mbikayi, actuel ministre de l’Enseignement supérieur. Au mois de novembre dernier, M. Mbikayi a été nommé membre d’honneur de l’association d’Amitié entre la RDC et le Venezuela (ARVEZ) pour ses prises de position anti-impérialistes. Enfin, il y a le Parti communiste congolais, le PCCO, dont le secrétaire général Sylvère BoswaIsekombe, est en même temps le porte-parole de la dynamique des 27 partis extra-parlementaires.

Cet inventaire n’est certainement pas exhaustif et il y a probablement un tas de groupes, partis, associations et individus qui se disent lumumbistes et nationalistes de gauche. Donc « la gauche congolaise » est assez large et éparpillée. La confusion est grande. Certains groupes et sympathisants de gauche se trouvent dans la mouvance de l’opposition, d’autres du côté du gouvernement. L’atmosphère populiste, où toute discussion politique est devenue hors propos et où la discussion se limité à la personne de Kabila, maintient et augmente la confusion.

 

C’est le premier grand défi, je crois, qui se pose pour la gauche. C’est d’orienter le débat vers les questions politiques fondamentales. Quel alternatif pour la domination impérialiste où le rôle du pays est limité à celui de livreur de matières premières bon marché ? Comment se battre contre l’impérialisme, pour une vraie indépendance et un progrès de la situation et des conditions de vie du peuple ? Comment ne pas seulement consolider les acquis importants dans la lutte pour l’unité du pays et consolider les résultats modestes mais réels dans la construction d’un Etat et d’une économie obtenue depuis la chute de Mobutu, mais surtout faire un pas qualitatif sérieux en avant ?

Le deuxième défi réside dans l’absence de larges organisations de masses qui savent mobiliser la population et en faire des acteurs. La droite a le grand capital mondial derrière elle et compte sur les anciens maîtres pour l’aider à reconquérir le pouvoir. Elle emploie le populisme pour tromper les masses populaires. Les nationalistes de gauche ne sauront rien changer fondamentalement s’ils ne peuvent pas compter sur la force du nombre en dehors du parlement. Le grand défi pour la gauche congolaise sera justement de faire du peuple un acteur conscient de son futur, de créer une vraie démocratie populaire, pas tellement pour les élections, mais pour lutter quotidiennement pour l’indépendance et la démocratie. Créer de telles organisations ne peut pas être le résultat d’un décret. C’est un travail qui demande d’immenses efforts et beaucoup de temps par des hommes et des femmes très conscients ainsi que par la création d’une base économique qui donne du travail au gens.

 

*Tony Busselen est l’auteur du livre intitulé Une histoire populaire du Congo.

 

Source : Le Journal de l’Afrique N°38, janvier 2018@Investigation

 

 

AMMAFRICA WORLD


18/01/2018
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Hommage à Laurent Désiré KABILA: Analyse autour de l'homélie du Pasteur DAVID EKOFO à la nation et aux gouvernants!

Hommage à Laurent Kabila dans l'homélie du pasteur David EKOFO:

Un Pasteur pas comme les autres"!

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A l'occasion de l'hommage rendu au nationaliste Laurent Kabila, l'homme au parcours incompris pour certains, mais louanger par les autres en date du 16 Janvier 2018, le pasteur protestant David EKOFO conscient des enjeux de l'heure, a bien voulu prendre de cette occasion qui lui est favorable de ne pas rater ce grand rendez vous de l'histoire pour reprocher à tous et faire appel au patriotisme devoué pour la cause nationale(ce qui interpelle aussi les autres qui défilent à l'étranger) à tous les congolais, particulièrement aux gouvernants!

 

Un discours "AARONIQUE"! Tel un AARON qui s'adresse à tout le monde, interprétant au mieux la crise politique et surtout mettant l'accent sur la souffrance sociale dont le Peuple en pâtit ainsi que la nation entière par ses infranstructures et son économique en situation déplorable! Un avertissement pour les voisins pour cause de leurs menaces pour s'accaparer de quelques territoires du pays! Conscient que la nation est encore militairement faible, il rappelle aux voisins de la certitude de reprendre un jour certains territoires qu'ils croient contrôler! Pasteur David EKOFO est un homme averti pas comme les autres pasteurs plongés dans la lecture de la Bible, mais incapable de connaitre leur propre histoire! La foi n'est pas une affaire du passé seulement, car le passé aide à en tirer instruction! Mais la foi est surtout une affaire du PRÉSENT! Il faut vivre sa foi sur la terre des hommes! C'est ainsi qu'il prononça un mot qui interpelle toutes les consciences:"Même Dieu s'étonne pourquoi nous sommes PAUVRES"!

 

Apparement personne n'a compris le sens profond du discours de ce pasteur David EKOFO! Il s'est adressé à tout le monde et aussi aux VOISINS MOTEMA MABE! Comment vous vous excitez tous comme si il s'est adressé à la famille biologique de laurent Kabila et à la kabilie seuls? sondez son discours qui rappelle les bonnes valeurs perdues et surtout la conscience d'une nation bénie et aussi prophétique! Le RASSOP n'en était pas interpellé?. Qui s'en vont se prostituer dans les salons luxueux Belges et de certaines chancelleries?.

 

Le congo nous appartient, Dieu a donné la gestion du pays aux Congolais, pas aux étrangers et c’est devant Dieu que les congolais rendront compte. Dieu nous a donné beaucoup de richesses, il nous jugera sur base de ce qu’il nous a donné”, a-t-il dit.

Le Pasteur a par l’occasion appelé les autorités à travailler pour l’intérêt de tous tel que prôné par Laurent-Désiré Kabila et à instaurer la justice et l’Etat de droit dans le pays.

“L’Etat Congolais n’existe pas. Nous devons léguer à nos enfants un pays de droit où tous les hommes sont égaux, tout le monde doit être traité sur un même pied d’égalité par la justice quelque soit son rang. Préservons notre cher pays selon la volonté M’zee, surtout ne perdons pas même un centimètre de notre pays”.(Menaces de sa balkanisation et prise de certains territoires par les voisins). Le Pasteur Ekofo a aussi plaidé pour le développement des infrastructures de la RDC à l’instar d’autres pays du monde(conscient que le travail n'est pas vraiment accompli concrètement, les 5 chantiers).

 

“Quand on parcourt l’Afrique, il y a des routes qui permettent aux gens de circuler librement mais c’est seulement en arrivant à la frontière de la RDC qu’on remarque qu’il n’y a pas de route. Que ce soit du côté Nord ou Sud, c’est la même chose. Pourtant la libre circulation des personnes et des biens pourra permettre aux Congolais de se connaitre davantage et d’apprendre à cohabiter. La libre circulation permet aussi de consolider l’unité nationale”!

 

Comment un discours hautement patriotique qui concerne toutes les tendances , car pour construire, il faut aussi avoir la PAIX! Mais quand les autres rivalisent ceux qui construisent et leur mettent les bâtons dans les roues, comment y parvenir?.


un pasteur conscient de l'histoire et des enjeux de l'heure pour rappeler à l'ordre les VOISINS pour leur convoitise de nous voler quelques territoires, qu'ils sachent que tôt ou tard, ces territoires seront remis auprès de ces propriétaires! Un avertissement lancé indirectement à ceux qui croient toujours que la RDC restera dans cet état de CHAOS qu'il se trouve!

 

PAS UN IOTA DE TERRE NE SERAIT DONNÉ EN CADEAU AUX VOISINS! UN DERNIER AVERTISSEMENT POUR EUX!!

En voulant trop gagné, on risque de tout perdre! En voulant s'accaparer des territoires des autres, on risque de perdre même ce qu'on avait pour soi même!

 

Je suis fière des PROTESTANTS! Car, au moins eux, ils ont eu un discours cohérent et rassembleur que les autres!

 

PS:"Heureux ceux qui procurent la PAIX, car ils seront appelés FILS DE DIEU"!

 

VIVE LE PROTESTANT AU CONGO DE KIMBANGU!

VIVE LA RELIGION QUI SAUVE QU'ELLE NE DETRUISE!

ET QUE DIEU BÉNISSE LE PASTEUR DAVID EKOFO!

 

 

 

FGD
La patriote

 

AMMAFRICA WORLD TEAM


17/01/2018
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Hommage rendu aux vaillants fils du Kongo Démocratique: Patrice Lumumba et Laurent DÉSIRÉ Kabila

HOMMAGE À AUX DEUX HÉROS: LUMUMBA PATRICE EMERY ET LD. KABILA POUR LE COMBAT D'UNE NATION(RDC)....
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Deux hommes de la nation unis pour un seul et unique seul combat: "Le Nationalisme"! Mais aux parcours contraires l'un à l'autre! Rappelons quelques souvenirs de ces deux vaillants fils que l'on voudrait désormais pour l'avenir se choisir une seule date(vu le rapprochement de deux dates) pour leur rendre hommage autour de leur combat qui doit inspirer la jeunesse actuelle! Après tout, ils étaient tous des Jeunes qui, après avoir sonder l'origine politique de leur souffrance (les impérialistes coloniaux).

 

L'un mourra après l'accession à l'indépendance du 30 Juin 1960 mais une similitude avec le chiffre "3" vient déceler la persévérance de cette lutte patriotique! L'un n'aura que 3 MOIS de règne tandis que pour l'autre, il en aura 3 ANS!

 

Patrice Emery LUMUMBA:


Il n'aura que 3 MOIS* à exercer son pouvoir! Une lutte acharnée contre les puissances internationales contre le "Néocolonialisme"(domination économique) découvert lors de la Table Ronde à Bruxelles! Hélas, les conflits internes* provoqués de l'extérieur pour affaiblir sa gouvernance auront donc le dessus sur lui! Ne le dira-t-il pas lui même dans sa lettre écrite à sa bien-aimée Pauline OPANGO?:

 

LETTRE TESTAMENTAIRE DE LUMUMBA PATRICE EMERY:

 

Ma compagne chérie,

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

 

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ? Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres. Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

 

Vive le Congo ! Vive l’Afrique !

Patrice Lumumba
*********

Pour Laurent Désiré KABILA:

 

Il aura pour son règne 3 ANS de pouvoir et mourra assassiné par des circonstances non encore "clairement" élucidés! Son combat, Ce n'était que la continuité du même combat! Mais aux méthodes contraires pour aboutir au même résultat souhaité:" La fin du Néocolonialisme" au Congo de Papa Simon KIMBANGU!

 

EXTRAIT DU DISCOURS TESTAMENTAIRE DE M'ZEE LD.KABILA:

 

La République Démocratique du Congo est un pays choisi par Dieu et le plan divin se réalisera totalement sur cette terre africaine du Congo démocratique, quelle que soient les tentatives humaines intérieures et extérieures.

 

A toutes et à tous, je souhaite mes voeux de bonheur, de prospérité et d’engagement patriotique, en vue de la libération totale de notre pays.

 

L'intégralité du discours, Cliquez ce lien:http://www.ammafricaworld.com/testament-laisse-au-peuple-congolais-par-m-zee-ld-kabila

 

QUE LEUR ENGAGEMENT DÉVOUÉ POUR LA PATRIE INSPIRE PLUSIEURS PARMI VOUS!

 

 

Paix à leurs âmes!

 

 

 

FGD
La patriote

AMMAFRICA WORLD TEAM

 

HOMÉLIE DU PASTEUR EKOFO DE CE 16 JANVIER 2018 À KINSHASA  EN DIRECT DE LA RTNC

 

 

Un culte a été organisé ce lundi 16 janvier 2018 à la cathédrale du centenaire de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) pour commémorer la mort de Laurent Désiré Kabila assassiné il y a 17 ans dans son cabinet de travail à Kinshasa. Dans son homélie, l’officiant, le Pasteur François-David Ekofo a rappelé à l’assistance le voeu de Mzee Kabila: “Ne jamais trahir le Congo”.

 

 

“Le congo nous appartient, Dieu a donné la gestion du pays aux Congolais, pas aux étrangers et c’est devant Dieu que les congolais rendront compte. Dieu nous a donné beaucoup de richesses, il nous jugera sur base de ce qu’il nous a donné”, a-t-il dit.

 

 

Le Pasteur a par l’occasion appelé les autorités à travailler pour l’intérêt de tous tel que prôné par Laurent-Désiré Kabila et à instaurer la justice et l’Etat de droit dans le pays.

 

 

“L’Etat Congolais n’existe pas. Nous devons léguer à nos enfants un pays de droit où tous les hommes sont égaux, tout le monde doit être traité sur un même pied d’égalité par la justice quelque soit son rang. Préservons notre cher pays selon la volonté M’zee, surtout ne perdons pas même un centimètre de notre pays”.

 

Plusieurs personnalités politiques ont pris part au culte de requiem dont le président de l’Assemblée nationale qui a représenté le Chef de l’Etat, le premier ministre, l’épouse de Joseph Kabila et ses enfants, mais aussi la famille de Mzee Kabila.

 

Le Pasteur Ekofo a enfin plaidé pour le développement des infrastructures de la RDC à l’instar d’autres pays du monde.

 

“Quand on parcours l’Afrique, il y a des routes qui permettent aux gens de circuler librement mais c’est seulement en arrivant à la frontière de la RDC qu’on remarque qu’il n’y a pas de route. Que ce soit du côté Nord ou Sud, c’est la même chose. Pourtant la libre circulation des personnes et des biens pourra permettre aux Congolais de se connaitre davantage et d’apprendre à cohabiter. La libre circulation permet aussi de consolider l’unité nationale”, a conclu le Pasteur François David Ekofo.

 

QUE YAH ASSISTE LE KONGO CENTRAL

 

AMMAFRICA WORLD

 


16/01/2018
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PAYS DE MERDE: Et si on analysait les propos de Donald TRUMP?

LES PROPOS DE DONALD TRUMP:"PAYS DE MERDE, SO WHAT"? NOUS LE SOMMES!
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"L'émotion est Nègre comme la raison est Héllène"! Cela se confirme de plus en plus....

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Parlons autrement et ayons un regard fixe sur les objectifs que nos dirigeants Africains se sont fait de la politique. Si tout va venir de l'étranger, nous n'avons aucune vision, et le fait de se faire dicter tout le temps par des Occidentaux, nous aurons aucune dignité!

 

Les Africains sont devenus très émotionnels en ces derniers temps qu'ils souhaiteraient avoir un "Messie" qui doit bien parler pour eux pendant que eux-mêmes sont incapables de se prendre en charge! Et bien au contraire, voyant le chaos que les démocrates ont causés dans le monde, ils rajoutent la facilité de s'entretuer comme des IDIOTS!

 

Lors de l'accession au pouvoir de Barack OBAMA, les Africains satisfaits du résultat, ils ont cru qu'il était élu pour leur cause alors qu'il devrait servir avant tout les Etats-Unis! Et ne servir que les USA! D'ailleurs ne serait-il pas l'homme qui renversera KADHAFI?Et dont le pays sombre dans le chaos?...

 

PAYS DE MERDE....SO WHAT?

 

Lorsque j'observe attentivement mon Afrique, les conflits armés, le tribalisme et régionalisme, les coups d'états, les révolutions en couleur qui ne révolutionnent rien, le chaos manipulé de l'extérieur mais consolidé de l'intérieur par les ennemis intérieurs des nations africaines, les récentes guerres d'invasions à L'EST du Congo démocratique, son Peuple désertant le pays à la recherche d'un ELDORADO pour se retrouver en Lybie, rehabilitant la "traite des noirs", la corruption et la mauvaise gouvernance, il y a de quoi à dire : PAYS DE MERDE!

 

Que les détracteurs de TRUMP ne nous prennent pas pour des IGNARES! Nous savons ce qu'on a vécu et survécu en Afrique sous les démocrates américains! Vouloir s'en prendre aux propos de TRUMP alors qu'on s'est pas indigné des massacres des Congolais à L'EST du pays et le viol de ses femmes, sans oublier les déstabilisations causées dans des pays ciblés par des guerres d'invasions, tous ces comportements frisent de la pire Hypocrisie!

 

Chers Africains, sortez de l'émotion et maîtrisez vous! L'actuel président des USA, Donald TRUMP utilise des propos souvent choquants, mais dans le fond, si l'on sonde bien, et surtout si l'on analyse les circonstances par lesquelles il a prononcé ces mots, c'était lors d'une réunion concentrée au projet de compromis sur l'immigration et dont les républicains et les démocrates devraient présenter chaque groupe, son projet! La divergence sur les propositions poussera à une indignation de Donald TRUMP où il s'exclama:


"Pourquoi voulons-nous que toutes ces personnes issues de pays de Merde viennent"?....

 

N'avez vous pas manifester de la légèreté vis-à-vis des Occidentaux? L'Afrique n'est-elle pas un ennemi pour elle même par ces conflits internes? si le changement va venir, ne serait-il le devoir des africains ainsi que leurs élites de se prendre enfin en charge et penser aussi à leur Peuple que les pousser à déserter le continent? faudrait-il que les USA leur prennent en charge?

 

Chers Africains, Donald TRUMP est un esprit libre! Il fait ce qu'il dit et n'est pas démagogue ni flatteur comme les autres!

 

Le langage choquant de TRUMP n'est pas plus néfaste que les actes de barbarie imposé en Afrique par le complot international où L'Afrique a été secouée de ces fondements!

 

Qu'est ce qui est plus raisonnable que louable?: Les propos qui choquent ou les actes de la barbarie que les autres ont commis pendant leur règne?...

 

Je préfère les propos de TRUMP! Au moins, ça m'interpelle pour changer; que de vouloir user a la démagogie des hypocrites qui n'hésiteront pas à bombarder encore des nations du monde si l'occasion se présentait!

 

Pays de Merde, So What? , Nous le sommes!

Avec Donald TRUMP, le monde entier doit se prendre en charge dans toute responsabilité! Que de vouloir se laisser duper par les démocrates et les libéraux! C'est notre regard.. 

 

AFRIKA! REVEILLE-TOI ET PRENEZ VOUS EN CHARGE!

 

 

 

La Rédaction 
AMMAFRICA WORLD 


15/01/2018
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Devoir de mémoire RDC : Le Manifeste de la N'sele

Le Manifeste de la N'sele: 

Mobutu, espoir des Congolais devenu paria..

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Mobutu a régné sur le Congo pendant près de 32 ans de manière officielle, de 1965 à 1997. On peut même évoquer un règne de 37 ans, de 1960 à 1997. Le Congo accède à l’indépendance le 30 juin 1960, devient la République fédérale du Congo en 1961, puis République démocratique du Congo en 1964. En 1967, deux ans après sa prise de pouvoir officielle, Mobutu renomme le pays Congo-Kinshasa, puis République du Zaïre en 1971, quand le dictateur met en place la Zaïrianisation du pays.

 

Cette doctrine s’inscrit dans la volonté du chef de l’Etat d’unir le pays, véritable puzzle ethnique, en révélant son identité et ses traditions. Cette doctrine va de pair avec l’idéologie de l’Authenticité présentée la même année. Le règne de Mobutu n’a pas toujours été condamné comme il l’est aujourd’hui, puisque le régime du militaire s’enregistrait parfaitement dans le contexte de Guerre froide. Grand allié du bloc occidental, proche de la Belgique, des Etats-Unis, de la France, Mobutu a pourtant gouverné son pays à coups de corruption, de pillages des richesses, de crimes sanglants et de projets pharaoniques. La gestion du pays et son abandon conduiront à la chute du dictateur en 1997.

Prise du pouvoir de Mobutu

Les débuts de Mobutu et l’indépendance

A Bruxelles pour l’Exposition universelle de 1958, Mobutu, militaire de formation reconverti en journaliste, rencontre les figures de proue du nationalisme congolais, et commence à montrer ses opinions politiques, sous l’influence de Patrice Lumumba. Ce dernier fonde le Mouvement national congolais (MNC) en octobre 1958, parti nationaliste prônant l’indépendance, les libertés fondamentales et l’unité nationale. Mobutu y adhère dès le mois de décembre. Après des émeutes faisant 47 morts et 241 blessés du côté congolais  début janvier 1959, le roi belge Baudoin promet l’indépendance, mais aucun calendrier n’est annoncé. En janvier 1960, les ténors congolais, dont Patrice Lumumba, sont à Bruxelles pour négocier l’indépendance, qui est fixée au 30 juin 1960. Mobutu n’était pas présent à la table des négociations, mais jouait en coulisses. C’est là qu’il rencontre Larry Devlin, chef de poste de la CIA au Congo.

 

Avant l’indépendance, les partis nationalistes gagnent. Lumumba, Premier ministre et ministre de la défense (poste qu’il refuse à Mobutu), fonde un gouvernement hétérogène le 24 juin 1960, puis le Parlement élit Kasa-Vubu Président. Mobutu est secrétaire d’état à la présidence du conseil. L’indépendance a lieu le 30 juin 1960 en présence du roi belge Baudoin, du président Kasa-Vubu et de Lumumba.

 

La prise de pouvoir de Mobutu

 

L’insouciance de l’indépendance ne dure que quatre jours. Le 4 juillet, des soldats de la Force publique, fatigués, frustrés, refusent d’obéir. La mutinerie gagne l’ensemble du pays. Le 8 juillet, le Conseil des ministres décide d’africaniser la Force publique, rebaptisée Armée nationale congolaise (ANC). Mobutu devient chef d’Etat-Major, numéro deux de l’armée. Mais le 11 juillet, Moïse Tshombe, président du gouvernement provincial, proclame l’indépendance du Katanga avec l’appui d’officiers et de conseillers belges. Le 13 juillet, des para-commandos belges s’emparent de l’aéroport de Léopoldville, le Congo rompt ses relations avec la Belgique et prend contact avec l’URSS : le Congo devient un nouveau front de la Guerre froide, et l’Occident voit Lumumba comme un communiste. En août, la répression de la sécession du Sud-Kasaï conduit au massacre de centaines de civils, et Lumumba passe aux yeux du monde pour le principal responsable de ces crimes.

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Provinces congolaises. Source : Wikimedia Commons

Le 5 septembre, le président Kasa-Vubu annonce révoquer Lumumba, et ce dernier destitue à son tour Kasa-Vubu. En réponse, Mobutu, après avoir obtenu l’aval des Etats-Unis par l’intermédiaire de Larry Devlin, annonce le 14 septembre que l’armée a neutralisé Kasa-Vubu et Lumumba. Le 14 septembre est donc le premier coup d’état de Mobutu, qui dira ensuite “Je n’ai pas pris le pouvoir. Quel pouvoir ? Il n’y en avait plus”. Même si Mobutu n’est alors ni Président, puisque Kasa-Vubu le reste, ni Premier ministre, Larry Devlin disait “Tout le monde savait que Mobutu était le pouvoir caché du gouvernement”.

 

Lumumba, assigné à résidence, est réduit au silence, exilé politique dans son propre pays. Le 28 novembre 1960, il s’échappe de sa résidence, mais est capturé le 2 décembre et exécuté le 17 janvier 1961. Sa mort est restée secrète pendant près d’un mois, avant qu’on annonce qu’il a été tué par des villageois après s’être évadé de détention. Mobutu n’a jamais assumé la moindre responsabilité morale dans ce meurtre.

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Patrice Lumumba à Bruxelles, le 26 janvier 1960 pendant les négociations pour l’indépendance du Congo. Source : Nationaal Archief Fotocollectie

 

Il reste alors deux adversaires à Mobutu : le premier est Moïse Tshombe au Katanga. Il continue la rébellion et appelle les Katangais à continuer à résister. La sécession se termine le 14 janvier 1963 après deux ans et demi. Tshombe s’exile et reviendra un an plus tard, appelé par Mobutu pour vaincre le deuxième adversaire de Mobutu, Pierre Mulele. Cet ancien ministre de l’Education sous Lumumba s’est battu au Kwilu pour l’indépendance de cette région avant la prise de pouvoir définitive de Mobutu en 1965, et qui se soldera pas la mort de près d’un million d’opposants.

La gloire de Mobutu

Consolidation du pouvoir de Mobutu

Comme en 1960 entre Kasa-Vubu et Lumumba, novembre 1965 est marqué par un contexte de querelles politiques entre le président Kasa-Vubu et Tshombe. Le 25 novembre 1965 à 5h30, Mobutu annonce la destitution de Kasa-Vubu. Mobutu le remplace, et dit : “Il ne s’agit pas d’un coup d’Etat militaire”, déclarant que l’armée n’avait pas le choix, que la seule solution était la prise du pouvoir pendant cinq ans pour “reconstruire ce qui avait été détruit en cinq ans”. Mobutu transforme le pays en dictature :

  • Il se dote dès novembre de pouvoirs spéciaux,
  • En décembre, les partis politiques sont supprimés, la compétence des tribunaux militaires est élargie.
  • Le 23 mars 1966, Mobutu s’attribue le pouvoir législatif, puis propose que le président de la République soit élu au suffrage universel. Le Parlement ne joue plus aucun rôle.

Sur le plan économique, dès la première décennie de son règne, Mobutu met en avant le nationalisme. Par exemple, en 1967 il nationalise l’Union minière du Haut-Katanga, qui représente 50 % des revenus de l’Etat, 70 % de ses entrées de devises, et fait vivre 100 000 personnes. Ces politiques de nationalisation vont de pair avec la politique de zaïrianisation et d’authenticité présentée à la même époque par Mobutu.

 

Sur le plan étatique, Mobutu est un centralisateur : il redessine le pays en douce provinces et les prive de toute autonomie. Le 24 juin 1967, la nouvelle constitution proclame le bipartisme : “Il ne peut être créé plus de deux partis dans la République”, à savoir le Mouvement Pour la Révolution (MPR) et … personne, puisque personne n’ose s’opposer à Mobutu. Le bipartisme sera finalement rayé de la Constitution en 1970. D’autres changements sont aussi à noter :

  • Les syndicats perdent toute autonomie,
  • Les fédérations de jeunesse et d’étudiants sont toutes regroupées au sein de la Jeunesse du MPR,
  • Le droit de grève est suspendu.

Le règne de Mobutu n’est pas seulement dictatorial, il est aussi sanglant et pervers. Un exemple de ce règne sanglant est le sort réservé à Pierre Mulele. En 1968, Mobutu, qui avait proclamé l’amnistie cette même-année, la lui refuse. Mulele est torturé le 2 octobre 1968 publiquement, mais son assassinat reste secret. Mobutu fait croire à un jugement comme criminel de guerre, et Mulele est condamné à mort le 8 octobre. Officiellement, Pierre Mulele est mort le 9 octobre. Pierre Mulele devient alors un martyr du régime de Mobutu, déterminé à éliminer ses opposants, peu importe les moyens employés.

 

Sur le plan international, Mobutu entretient d’étroits liens avec les puissances occidentales. Les Etats-Unis sont un allié de taille depuis la première heure, d’abord par l’intermédiaire de la CIA et de Larry Devlin, puis de manière officielle dès 1963 quand Kennedy reçoit Mobutu. Le Congo, puis le Zaïre de Mobutu, a toujours été un allié des Etats-Unis dans ce contexte de guerre, puisqu’il représentait un front, un rempart contre l’expansion du communisme sur le continent africain. En outre, la coopération entre le Congo et la Belgique n’a pas cessé après l’indépendance, et les liens entre Mobutu et la Belgique ont été volatiles mais importants sur toute la durée de son règne. Paul-Henri Spaak a octroyé une assistance technique, civile et militaire pendant l’insurrection de Mulele. Les relations se sont toutefois souvent détériorées, comme en 1967 pendant les mutineries des mercenaires de l’Armée. Mais en juin 1970, le roi belge Baudoin revient au Congo pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance.

 

Le 1er novembre 1970, Mobutu brigue seul sa succession et obtient 10 131 699 voix contre 157. Il y a plus de bulletins en sa faveur que d’électeurs. Fort de ce score, Mobutu développe alors sa doctrine de l’authenticité et la Zaïrianisation.

 

Zaïrianisation et authenticité

 

Assez rapidement après son accession au pouvoir, Mobutu a commencé à affirmer que le processus de décolonisation ne s’arrête pas à l’indépendance formelle, et insiste notamment sur l’importance, selon lui, du nationalisme économique. Dès 1967, il rédige le « Manifeste de N’Sélé », dans lequel il évoque pour la première fois le « nationalisme congolais authentique », qui doit conduire à l’authenticité zaïroise. C’est selon Mobutu, une révolution “essentiellement pragmatique”, porté par le MPR qui devient officiellement parti unique en 1970. Pour bien comprendre cette notion d’authenticité, il faut partir d’une citation ultérieure de Mobutu : « À notre sens, l’authenticité consiste à prendre conscience de notre personnalité, de notre valeur propre, à baser notre action sur des prémices résultant des réalités nationales pour que cette action soit réellement nôtre, et partant, efficace ».

 

En effet, la notion d’authenticité part du principe que les Congolais, et plus largement les peuples colonisés, n’ont pas seulement été dominés par la force des colonisateurs, mais ont également subit une aliénation mentale, ces peuples étant dépossédés de leur culture. Ainsi, si la domination physique cesse avec le départ du colonisateur, l’aliénation mentale, elle, perdure. La solution que propose donc l’authenticité, c’est, par ce qui est appelé un « recours au passé » d’utiliser sa propre culture – donc ici la culture pré-coloniale – pour fonder toute action. En effet, les penseurs de l’authenticité, dont Mobutu n’est que l’élément le plus émergé, pensent qu’il est indispensable d’avoir recours à ce qu’ils appellent les « valeurs propres », donc les valeurs fondant leur propre culture, pour permettre un véritable développement économique et un progrès social. Il s’agit pour ces intellectuels à la fois de ne pas se renier en tant que Congolais, et de permettre le développement qui, selon eux, ne peut se faire autrement. Pour Mobutu, la politique d’authenticité avait également pour objectif de construire une unité nationale dans un pays qui en était largement dépourvu à l’indépendance, comme le montre les troubles importants qu’il a connu alors.

 

Si la notion d’authenticité est donc un peu lâche et floue, elle a toutefois eu un impact concret très important sur les Congolais et sur leur quotidien, du fait de la zaïrianisation. Ce processus, qui tire son nom de l’ancienne appellation du fleuve Congo, est voulu comme étant cette décolonisation mentale prônée par Mobutu. C’est en fait une modification du mode de vie de tout un pays, avec un double mouvement de rejet de l’héritage colonial – et des idéologies occidentales –, et de recours et redécouverte de la culture préexistante.

 

Ce processus débute dès 1966, avant même la publication du Manifeste de N’Sélé, avec l’abandon des noms coloniaux pour désigner les trois premières villes du pays, au profit d’appellations congolaises : Elisabethville, Stanleyville et Léopoldville deviennent respectivement, Lumumbashi, Kisanguani, et Kinshasa.

 

Dans le même mouvement, en 1971, le pays change de nom devenant le Zaïre, et quelques mois plus tard, les prénoms chrétiens sont interdits. Mobutu montre lui-même l’exemple, en abandonnant son ancien nom Joseph-Désiré Mobutu, pour Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, dont la traduction approximative est “guerrier tout puissant qui de conquêtes en conquêtes reste invincible”. En 1973, 1500 à 2000 entreprises et plantations détenues par des étrangers sont nationalisées, avec peu ou pas de compensations. Enfin en 1974, Mobutu fait remplacer l’enseignement de la religion par des cours sur le mobutisme et l’authenticité.

 

Cette politique de Mobutu est symbolisée par ce qu’il appelle « l’animation politique », qui touche l’intégralité des Zaïrois dans leur quotidien. L’animation politique est en effet l’ensemble des manifestations culturelles, et notamment des chants, issues des cultures traditionnelles, et respectant donc en cela la politique d’authenticité, mais adaptées pour servir de propagande au régime. Cette animation politique prend une place de plus en plus prépondérante dans la vie du pays, jusqu’au milieu des années 1980, lorsque celle-ci devient obligatoire dans toutes les organisations, y compris les entreprises privées. Partout, la journée de travail commence alors avec des chants congolais dont les paroles ont été remplacées de façon à être à la gloire de Mobutu et de la zaïrianisation.

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Mobutu, en avril 1976. Source : Wikimedia Commons

La chute de Mobutu

L’échec de la zaïrianisation

La politique d’authenticité et la zaïrianisation ont été globalement des échecs. Certes, elles ont permis l’émergence d’une véritable solidarité nationale s’ajoutant à la solidarité locale, et fait naître une véritable fierté de leur pays et de leur culture parmi les Zaïrois ou Congolais.

 

Mais pour le reste, ces politiques n’ont eu des effets positifs qu’assez mineurs, en grande partie du fait de la superficialité de leur mise en œuvre, et du fait qu’elles soient instrumentalisées. En effet, les mesures prises étaient bien souvent essentiellement rhétoriques, et la zaïrianisation a été ralentie par Mobutu dès 1974, qui est même revenu sur certaines mesures. Mais surtout, la zaïrianisation a présenté des effets pervers importants. Tout d’abord, la politique d’authenticité a été vécue comme remettant en cause son rôle par l’Eglise catholique, qui s’y est donc opposée. Ainsi, dès 1975, l’archevêque Monseigneur Bakole wa Ilunga dénonce un « colonialisme intérieur ». L’Eglise catholique a ainsi été une menace sous-jacente constante pour le régime et la principale opposition.

 

Mais de façon plus décisive, la zaïrianisation a provoqué un processus de patrimonialisation. En effet, l’un des aspects les plus marquants la politique de Mobutu est la nationalisation de centaines d’entreprises et de commerces détenus par des occidentaux. Or, Mobutu mettait ensuite à la tête de ces entreprises ses proches, des hommes politiques qu’il voulait récompenser de leur loyauté, ou des chefs locaux afin de se constituer une clientèle. C’est cela la patrimonialisation. Ainsi, ces entreprises se retrouvaient dirigées par des personnes n’ayant ni les compétences, ni l’envie de les faire fonctionner correctement. Cela a provoqué une forte instabilité économique, et une baisse des revenus de l’État. Le versement des salaires, tant dans la fonction publique que dans le domaine privé, est devenu épisodique, et ils ont dès lors été partiellement remplacé par la corruption, pratiquée partout et à tous les niveaux. Cela a eu un impact extrêmement négatif sur l’économie et sur la popularité du régime.

 

C’est de plus l’échec de la zaïrianisation qui est révélatrice de celui plus global du régime, et qui est en partie responsable de sa chute.

 

La chute de Mobutu

La maîtrise du pays par Mobutu commence à s’effriter dès le milieu des années 1970, avec la division par trois des prix du cuivre, principale exportation du pays. Mais surtout, en 1977 et 1978, les soldats de Mobutu sont défaits par une révolte des turbulents Gendarmes katangais, et le régime doit demander une intervention militaire marocaine dans le premier cas, et franco-belge dans la seconde pour survivre.

 

Mais surtout, l’exaspération d’une partie de la population commence à se faire ressentir parmi les politiques, et une dizaine de parlementaires écrivent en 1980 une lettre ouverte incendiaire au président, puis créent un parti politique clandestin. C’est la première véritable exigence de démocratisation dans un pays où la contestation était efficacement muselée.

 

En parallèle la situation économique fait exploser le montant de la dette extérieure du Zaïre, jusqu’à dépasser son PIB. Mobutu décide alors de plafonner le paiement des intérêts à 20% du budget de l’État, ce qui provoque le mécontentement de ses partenaires occidentaux, qui commençaient déjà à s’écarter du Président.

 

La situation continue alors de s’envenimer, et Mobutu est forcé et contraint d’annoncer, les larmes aux yeux, la fin du système de parti unique en 1990 et la convocation d’une Conférence nationale souveraine chargée de la transition politique, alors que chaque année, le pays connaît au moins un soulèvement dévastateur, la plupart du temps du fait de mécontentement de soldats n’étant pas payés.

Le coup final sera porté par les conséquences du génocide au Rwanda qui déstabilise l’Est du Zaïre. Une force armée menée par Joseph-Désiré Kabila se soulève dans cette zone, et parvient à gagner en ampleur jusqu’à prendre le contrôle du pays et de la capitale le 17 mai 1997. Mobutu, malade, fuit au Maroc où il meurt en septembre, marquant la fin du mobutisme et du Zaïre, le pays devenant l’actuelle République démocratique du Congo.

 

Lors de son accession au pouvoir, Mobutu a symbolisé et concrétisé l’espoir d’un retour à l’ordre suite à la période troublée de l’après indépendance. De même, sa politique d’authenticité a été vue comme un moyen de redonner aux Congolais et plus largement aux Africains une dignité qui leur avait été largement volée par la colonisation. Mais la trentaine d’années de règne de Mobutu s’est avéré être un cuisant un échec : durant ces années, le PIB par habitant du pays a été quasiment divisé par deux. Pour comparaison, il est pendant ce temps multiplié par trois au Congo-Brazzaville voisin.

 

La politique de l’authenticité, qui devait donc être le fer de lance du renouveau du pays, s’est avéré être le stigmate de l’échec de Mobutu, et le synonyme de la corruption et de l’abus de pouvoir rampant. Surtout, il est apparu clair que toutes les décisions prises par Mobutu étaient sous-tendues par le même but : renforcer son pouvoir. Ainsi notamment par exemple de la nationalisation des entreprises détenues par les étrangers, base de la zaïrianisation, et dont le véritable but semble d’avoir permis à Mobutu d’utiliser ces entreprises pour son intérêt et son pouvoir personnel.

 

Cela explique que le Mobutisme, sous l’essentiel de ses aspects, a été liquidé par Kabila devenu président, comme l’illustre l’abandon de la désignation Zaïre.

 

Lisa Verriere et Arthur Bennet

 

 

SOURCES

Jean-Pierre Langellier, Mobutu, Perrin biographie, 2017

Hélène d’Almeida-Topor, L’Afrique du 20e siècle à nos jours, Armand Collin, 4e édition, Collection U Histoire contemporaine

Thierry Michel, documentaireMobutu, Roi du Zaïre, Cinélibre, 1999

Clément Makiobo, Église catholique et mutations socio-politiques au Congo-Zaïre.La contestation du régime de Mobutu, L’Harmattan, 2004

 

 

AMMAFRICA WORLD


09/01/2018
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RDC-INNONDATION FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE?: LE GOUVERNEMENT DOIT VIDER LE LIEU!

Affaire pluie Diluvienne à Kinshasa la capitale:Le Gouvernement doit vider l'endroit et sauver des vies avant de connaitre le pire!

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Les deux articles de la loi universelle des droits de l'homme:

-Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. (Article 3)

-Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. (Article 25)

 

Au regard de ce qui vient d'arriver suite à la forte pluie tombée dans la capitale Kinoise, et les dégâts répétitifs que ça provoque sur la population démunie, Ammafrica world interpelle le gouvernement Tshibala de déplacer les populations urgemment de cet endroit et les placer vers un endroit décent pour leur logement! Il y a des immeubles construits recemment dans la capitale et qui reste encore inhabitables! Pourquoi ne pas, au nom du Bon Dieu, placer cette population démunie qui fait partie des enfants du pays et qui ont aussi droit de jouir du bonheur que leur pays regorge?. Sinon nous tiendrons le gouvernement pour responsable d'une non assistance d'un peuple en danger! Ammafrica.

 

" INONDATIONS À KINSHASA:EST CE DÛ AU CHANGEMENT CLIMATIQUE? "

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La Ville de Kinshasa connait de plus en plus des problèmes d’inondations qui frappent sa partie basse, la plaine située entre le fleuve Congo au nord et les collines au Sud. Cette ville est traversée par plusieurs rivières qui coulent du Sud au nord pour se jeter au fleuve Congo.

Historiquement la Ville a été bâtie sur la plaine alluviale et les parties collinaires étaient surtout déclarées zones non aedificandi où les constructions étaient interdites. Mais la ville a évolué assez rapidement pour occuper toutes les zones collinaires.

 

3 aspects importants apparaissent dans les causes des inondations à Kinshasa. Il s’agit des #ConstructionsAnarchiques sans respect urbanistique, #ExtensionAnarchique de la ville, #AbsenceGestionenvironnementale.

 

1. Constructions anarchiques

 

Kinshasa, ville moderne, reçoit actuellement de larges constructions dans sa partie basse, qui était bien planifiée. Il y a eu des égouts et collecteurs souterrains qui conduisaient vers le fleuve, toutes les eaux pluviales et usées. Malheureusement, toutes les constructions modernes dans la Ville n’ont pas tenu compte du plan des égouts qui pourtant existe. On s’est mis a couper systématiquement tous ces conduits. L’exemple le plus palpant est le cas de l’immeuble non finalisé à la place de la gare qui a interrompu toutes les canalisations qui amenaient les eaux de Lingwala et Barumbu vers le fleuve. Conséquences: blocage de passage de ces eaux et inondations au centre ville. Deuxième cas, la rivière Gombe, au delà de SOCIMAT vers le fleuve, qui aujourd’hui connait des constructions de part et d’autre, jusque sur le lit de la rivière. Les occupants ne sont autres que des grands Conseillers et personnalités des hautes institutions du pays. La rivière est devenue un entonnoir, qui refoule toutes les eaux de pluie vers la commune de Lingwala où déjà au niveau de Mushie, un grand collecteur souterrain amenant les eaux vers le fleuve est complètement bouché avec des constructions en surface, qui rendent difficile tout travail de dégagement. Un troisième cas est l’espace Ex Mandela au croisement Boulevard 30 juin- 24novembre, aujourd’hui occupé par les bâtiments de la Fondation Laurent Kabila. En dessous de cet espace se trouve le croisement de tous les collecteurs et égouts pour amener également vers le fleuve, les eaux venant d’un peu partout. Aujourd’hui il est quasi impossible d’accéder à ce système pour dégager les conduites. Ce travail nécessite un inventaire complet de tous les systèmes d’égouts ayant existé.

 

2. Extension de Kinshasa

 

La ville s’est étendue vers le sud sur les collines, sans planification et souvent l’occupation l’a été par des populations démunies. Ce qui a dégagé toute végétation et dénudé le sol, de sorte que les pluies ont entrainé un lessivage et apport des masses de terre et sable (la ville étant bâtie sur du sable) vers la partie basse au nord, occupant tous les lits de rivières au nord pour aboutir au fleuve. Bien sûr qu’au nord sur les collines, la perte de terre a occasionné des érosions dont les victimes ne sont autres que les mêmes occupants anarchiques. L’accumulation de ces masses de terres sur la plaine occasionne aujourd’hui les inondations.
La responsabilité revient d’office aux services de l’Etat chargés d’aménager et de gérer la Ville. Même si ce sont les Chefs coutumiers qui distribuent des terres (pendant que la loi prévoit qu’ils ne sont que des gardiens), cela est validé par les services du cadastre car au finish, chacun sur la colline a un certificat d’enregistrement. Pourtant un bel aménagement sur les collines devait prévoir des routes bien bâties et la couverture de sols nus par la verdure et bien sûr un système de canalisation des eaux. Ce qui n’est pas le cas pour Kinshasa. La conséquence de l’accumulation des masses de terre sur la plaine c’est les inondations en cas de pluie

 

3. Gestion environnement

 

Enfin, il y a cet épineux problème de gestion de la cité. La Ville de Kinshasa, avec ses 12 millions d’habitants, produit chaque jour 7 à 8.000 tonnes de déchets solides. Avec le projet PARAU de l’Union Européenne qui a pris fin en 2015 mais s’est poursuivi sous la Ville jusqu’en 2016, la Ville a su évacuer 19% des déchets vers Mpasa (le Centre d’enfouissement Technique construit par le projet PARAU). Aujourd’hui, ce centre, presqu’inexistant, reçoit moins de 3% des déchets de la ville. Le reste constitue toutes les décharges sauvages qui pullulent dans la ville. Les quelques déchets qui sont évacués sont amenés vers les sites érosifs pour soit disant combattre les érosions (ce qui est archi faux et destructif). De là, les pluies entrainent de nouveau ces déchets vers les bas fonds où coulent les rivières. Celles-ci réceptionnent alors les déchets qui s’associent à ceux jetés par la population dans les cours d’eaux pour se retrouver sur les ponts et de nouveau au fleuve Congo. Ce sont donc tous ces déchets qui sont également à la base des inondations car les rivières et les quelques caniveaux ouverts sont devenus des récepteurs des déchets, par manque de plan d’évacuation des déchets, qui nécessite aujourd’hui une collecte de porte à porte si nous voulons apporter une solution durable et aussi par manque des travaux de curage des rivières et des caniveaux par l’OVD (manque d’argent semble-t-il).

Depuis des années les problèmes d’inondations deviennent récurrents dans la Ville. Rien ne sert de donner des explications inutiles du genre changement climatique, d’autres allant jusqu’à se comparer à d’autres villes du monde alors que les réalités sont différentes.
Il y a tout un travail d’aménagement et de plan de gestion environnementale qu’il faut mettre en place en passant par le combat de l’impunité, la corruption, et si on met des budgets conséquents pour l’environnement urbain. 
Car c’est ca qui garantit la sécurité des populations urbaines.

 

Je n’ai fait que déclencher le débat qui devrait nous amener à formuler des résolutions et un plan de développement durable dans ce domaine.

 

 

Emmanuel B.M.
Environnementaliste

Analyse Ammafrica world


07/01/2018
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ALERTE! CONGO AU COEUR DES AMBITIONS RÉGIONALES ET INTERPELLATIONS

ALERTE..ALERTE..ALERTE:Le Kongo RDC Va mal: Kongo RDC au coeur des ambitions régionales!

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Un article publié le 30 Décembre 2017 par le Blog de Collecte Braeckmann nous laisse perplexe et nous interpelle tous! Nous profitons par là pour interpeller la nation Kongolaise ainsi que la diaspora de la nécessité imminente d'une grande "Prise de Conscience" collective afin de barrer la route à toute tentative de BALKANISATION! Et tenons responsable la transition d'avoir permis à faciliter certains postes à des éléments dont les intentions ne sont plus à démontrer! Une attitude qui frise la Trahison! Soit on se libère ou on tombe tous dans ce bateau appelé Titanic! A vous de prendre des BONNES résolutions!!! Ammafrica.

 

Collette Braeckman - Le Soir: Congo au coeur des ambitions régionales.. ..

 

L’évolution de la République démocratique du Congo inquiète ses neuf voisins, qui tous redoutent d’incontrôlables afflux de réfugiés et la remise en cause de certaines formes de coopération économique, voire de prédation. Le soutien longtemps inconditionnel des alliés d’Afrique australe ne sera peut-être pas éternel.

 

En Afrique du Sud, à la faveur d’accords économiques (barrage d’Inga et contrats miniers) le président Jacob Zuma a longtemps représenté un allié de taille, mais il est aujourd’hui contesté pour cause de corruption tandis qu’au Zimbabwe Robert Mugabe, le plus fidèle des amis de Kinshasa, a dû passer la main. En Angola, le président dos Santos n’a pas hésité à faire fermer la frontière au plus fort de la crise du KasaÏ afin de bloquer l’afflux des réfugiés et son successeur Joao Lourenço a prévenu qu’il ne tolérerait aucun débordement. En Tanzanie, la famille Kabila, détient des avoirs importants dans ce pays où elle fut longtemps réfugiée...

 

L’attaque d’une base de la Monusco à Beni, qui a entraîné la mort de quinze Casques bleus tanzaniens, a traumatisé l’opinion, mais sans pousser pour autant les autorités à retirer leur contingent.

 

Alors que cet assaut, mené par des hommes portant des uniformes de l’armée congolaise, a été attribué à des groupes de rebelles ougandais ADF Nalu, des sources locales s’interrogent encore sur l’identité réelle des assaillants dont le «savoir faire » ressemblerait plutôt à celui d’hommes ayant été entraînés au Rwanda.

 

Ce coup de semonce adressé à la Monusco et plus précisément aux Tanzaniens pourrait s’expliquer par de nouvelles alliances inquiétant Kigali : la Tanzanie soutient presque ouvertement le pouvoir de Pierre Nkurunziza au Burundi, dont les miliciens hutus Imbonerakure, s’entraînent au Congo.

 

Selon certaines informations, l’ennemi juré du président Kagame, le général Kayumba Nyamwasa, réfugié en Afrique du Sud d’où il dirige un mouvement d’opposition le RNC aurait déployé des Hutus rwandais dans l’Est du Congo et en particulier dans l’ Ituri, sans être inquiété par les Tanzaniens, des alliés de fait…

 

Quant à l’Ouganda, dont seraient issus les prétendus rebelles ADF Nalu, son attitude pose beaucoup de questions : l’armée ougandaise, en guise de représailles, a affirmé qu’elle avait mené des frappes aériennes contre les ADF, détruit des bases logistiques et tué plus d’une centaine de rebelles du côté d’Eringeti. Mais ni la Monusco ni l’armée congolaise n’ont été associées à ces opérations et ici aussi des préoccupations économico politiques se dessinent : la société française Total, qui a obtenu des concessions pétrolières sur la rive ougandaise du lac Albert, a déjà investi 3,5 milliards de dollars dans la construction d’un pipe line menant à Kisangani et elle souhaiterait obtenir des concessions pétrolière sur la rive congolaise du lac.

 

Ces intérêts économiques partagés signifient aussi un rapprochement politique de la France tant avec l’Ouganda qu’avec Kinshasa, ce qui ne peut qu’inquiéter le président Kagame qui, le 1er janvier prochain, prendra la présidence de l’Union africaine.

 

 

SOURCE:

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2017/12/30/le-congo-au-coeur-des-ambitions-regionales/

 

 

La Rédaction

AMMAFRICA WORLD


06/01/2018
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